La Tanzanie est la troisième économie d’Afrique de l’Est après le Kenya et l’Éthiopie. Avec la mise en œuvre de sa Vision 2050, Dodoma cherche à mobiliser davantage de capitaux privés pour financer les projets liés à sa stratégie nationale de développement.
La Tanzanie multiplie les démarches au Japon pour attirer de nouveaux investisseurs. Selon un communiqué publié le 8 septembre par l’Autorité tanzanienne des investissements et des zones économiques spéciales (TISEZA), Kitila Mkumbo, le ministre de la Planification et de l’Investissement, a rencontré à Tokyo des représentants des ministères japonais de l’Économie, des Affaires étrangères et des Infrastructures pour promouvoir les opportunités d’investissement offertes par le pays.
Les échanges ont porté sur des opportunités dans l’industrie manufacturière, l’automobile, la pharmacie, l’agro-industrie, les minerais, l’énergie, les infrastructures, la logistique, le tourisme et le numérique. Dodoma cherche ainsi à attirer non seulement des capitaux, mais également des technologies et des compétences susceptibles d’accélérer la transformation industrielle locale et le développement de capacités industrielles.
Cette démarche ne se limite toutefois pas au marché japonais. Depuis le début de l’année, Dodoma multiplie les initiatives à l’étranger pour élargir son réseau de partenaires et attirer de nouveaux investissements dans les secteurs jugés stratégiques pour son développement.
C’est dans cette logique qu’un forum d’affaires tanzano-nigérian a été organisé le 9 mars à Lagos, afin de renforcer les échanges commerciaux et de promouvoir les opportunités d’investissement en Tanzanie auprès des entreprises et investisseurs nigérians.
Quelques mois plus tard, Dodoma s’est tournée vers l’Égypte. Organisé en juillet à Dar es Salaam, le Tanzania–Egypt Business and Investment Forum a réuni des responsables publics, des investisseurs et des entreprises des deux pays autour de nouvelles opportunités de coopération économique. L’objectif était d’attirer davantage d’entreprises égyptiennes dans les zones économiques spéciales tanzaniennes et de développer des projets industriels. Selon les données officielles, la rencontre a débouché sur la signature de deux protocoles d’accord et l’échange de sept expressions d’intérêt pour des investissements industriels.
Cette séquence de prospection doit encore se prolonger dans les prochaines semaines. Le 8 octobre 2026, Londres accueillera ainsi le Tanzania Investment Forum 2026, organisé par la Haute Commission de Tanzanie au Royaume-Uni, en partenariat avec NMB Bank et Invest Africa. La rencontre doit réunir des responsables publics, des investisseurs internationaux, des institutions de financement du développement et des dirigeants d’entreprise afin de présenter les opportunités offertes par la Tanzanie et de favoriser la conclusion de partenariats et la mobilisation de capitaux dans des secteurs prioritaires.
Des besoins de financement à la hauteur des ambitions
Cette multiplication des offensives de Dodoma pour attirer des capitaux étrangers intervient alors que la Tanzanie entre dans la phase de mise en œuvre de sa Vision 2050. Lancée officiellement en juillet 2025, celle-ci ambitionne de faire du pays une économie à revenu intermédiaire supérieur, avec un PIB d’environ 1000 milliards de dollars et un revenu par habitant de 7 000 dollars d’ici 2050.
Le 3 août 2026, le gouvernement a toutefois lancé à Dar es Salaam les instruments destinés à guider la mise en œuvre de cette stratégie, à l’occasion d’un dialogue avec le secteur privé. La présidente Samia Suluhu Hassan a alors indiqué qu’environ 70 % de la mise en œuvre de la Vision 2050 reposeraient sur le secteur privé et appelé les entreprises à accroître leurs investissements.
D’un autre côté, les besoins de financement liés au nouveau cycle de développement sont considérables. Dans le pays, le Parlement a adopté le 23 juin dernier, pour l’exercice budgétaire 2026/2027, un budget de 62 330 milliards de shillings (24 milliards de dollars), en progression de 10,3 % par rapport à l’exercice précédent.
Pour financer un déficit prévu à 2,9 % du produit intérieur brut (PIB), soit 7 700 milliards de shillings, le gouvernement prévoit d’emprunter 4430 milliards de shillings auprès de bailleurs étrangers et 3270 milliards sur le marché intérieur.
Dans ce contexte, l’intensification des offensives de Dodoma à l’étranger peut ainsi être interprétée comme une volonté de mobiliser, au-delà des ressources publiques, les capitaux privés nécessaires à son nouveau cycle de développement. Elle ne garantit toutefois pas un afflux de capitaux au rythme souhaité. L’enjeu sera de convertir les manifestations d’intérêt en projets productifs capables de soutenir l’industrialisation.























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