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Agence Ecofin
Hier Dernière mise à jour le Vendredi 9 Octobre 2026 à 16:24

En visite officielle en France, sa première depuis son investiture, le président béninois Romuald Wadagni entend donner une nouvelle impulsion au partenariat avec Paris. Les accords signés avec l’AFD et Bpifrance portent sur l’électrification, le développement de filières agricoles et la mise en place d’une capacité nationale d’expertise médico-légale.

Le Bénin a signé ce 5 octobre à Paris deux conventions de financement avec l’Agence française de développement (AFD), ainsi qu’une lettre de mandat avec Bpifrance, pour un montant cumulé de 99,79 millions d’euros (111,78 millions $), selon la présidence béninoise.

Ces accords interviennent dans le cadre de la visite officielle en France du président Romuald Wadagni et portent sur plusieurs priorités de développement. Ils doivent notamment contribuer à rapprocher les investissements publics des populations et à répondre à plusieurs défis, en matière d’accès à l’électricité, de développement de filières agricoles et de création d’une capacité nationale d’expertise médico-légale.

L’électricité concentre près de 80 millions d’euros

Avec 79,4 millions d’euros, l’électricité concentre l’essentiel des financements. Le Projet d’extension et de densification électrique des réseaux – Phase Plus (PEDER+), destiné à étendre et renforcer les réseaux de distribution d’électricité du Bénin, associe un prêt de 50 millions d’euros de l’Agence française de développement (AFD) à un don de 29,4 millions d’euros de l’Union européenne (UE).

Il doit permettre la réalisation de 120 000 nouveaux branchements dans 750 localités de 15 communes du Mono, du Couffo et du Borgou, tout en améliorant la qualité du réseau et en réduisant les pertes sur le réseau, un enjeu pour l’équilibre financier de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE).

Cette opération s’inscrit dans un programme plus large. En mai 2026, l’AFD avait annoncé, avec la Banque européenne d’investissement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et l’UE, une mobilisation de 173 millions d’euros pour le PEDER+.

Le deuxième volet mobilise 14,9 millions d’euros, dont 10 millions d’euros pour développer la pisciculture dans dix communes de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga. L’objectif est de structurer la filière, de la production d’alevins à la commercialisation, afin d’accroître l’offre nationale de poisson et d’en améliorer la qualité.

Un financement de 5 millions d’euros soutiendra par ailleurs les filières avicole, cunicole, protéagineuse et oléagineuse dans plusieurs communes du Borgou, de la Donga, des Collines et du Zou. Ces financements ciblés visent à renforcer la production locale et l’activité économique dans les territoires concernés.

Le Bénin veut développer sa propre expertise ADN

Le troisième volet porte sur la création d’une capacité nationale d’expertise médico-légale. La lettre de mandat signée avec Bpifrance ouvre la voie aux négociations en vue du financement de la Plateforme de recherche, d’investigation et d’analyse médico-légale (PRIAM), développée avec le Laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux et soutenue par une garantie de Bpifrance Assurance Export.

Le projet prévoit un laboratoire national d’expertise ADN capable de réaliser 30 000 analyses par an, avec l’objectif d’obtenir l’accréditation ISO/IEC 17025. Il comprend aussi la formation de plus de 500 professionnels et la création d’une filière universitaire dédiée, afin de développer durablement cette expertise au Bénin. Cette capacité servira aux enquêtes judiciaires, à l’identification des victimes et aux recherches de filiation, tout en réduisant les délais et les coûts des analyses réalisées à l’étranger.

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