Alors que l’Éthiopie mise sur l’industrie manufacturière pour absorber deux millions de nouveaux actifs par an, la capacité de ses parcs industriels et zones économiques spéciales progresse sur un an. La formation qualifiante de leurs travailleurs reste un chantier.
Alors que l’Éthiopie mise sur l’industrie manufacturière pour absorber deux millions de nouveaux actifs par an, la capacité de ses parcs industriels et zones économiques spéciales progresse sur un an. La formation qualifiante de leurs travailleurs reste un chantier.
Les parcs industriels et zones économiques spéciales gérés par l’Industrial Parks Development Corporation (IPDC) ont créé plus de 70 000 emplois au cours de l’exercice 2025-2026, portant à 161 000 le nombre total de travailleurs dans le secteur manufacturier de ces zones. C’est ce que révèle le bilan annuel publié le mardi 28 juillet par la société éthiopienne de développement des parcs industriels.
Ces résultats concernent les 14 parcs et zones économiques spéciaux répartis sur l’ensemble du territoire, des unités textiles de Hawassa aux zones pharmaceutiques de Kilinto, en passant par les pôles agroalimentaires de Dire Dawa et d’Adama.
Derrière ces emplois se dessine une dynamique exportatrice en rupture avec les années difficiles qui ont suivi la crise sanitaire et la suspension de l’accès à la Loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA) en 2022. Selon ce même bilan de l’IPDC, les exportations des zones de la corporation ont plus que doublé sur l’exercice pour atteindre 266,9 millions de dollars, un record depuis la création de la société. Ce rebond s’explique moins par le textile, longtemps vitrine du modèle éthiopien, que par un nouveau venu inattendu. Trois entreprises installées à Hawassa, spécialisées dans la fabrication de cellules solaires, concentrent désormais la plus grande part des revenus extérieurs des parcs.
Les compétences, principal défi des parcs industriels
La montée en puissance des parcs pose cependant une question que les bilans chiffrés peinent à résoudre, celle des compétences. L’Éthiopie a engagé deux dispositifs pour y répondre.
Le premier est le projet Expanding Access to Skills for Employability (EASE), un programme de la Banque mondiale, entré en vigueur en avril 2024, pour améliorer l’accès des jeunes Éthiopiens à une formation technique débouchant sur un emploi ou une activité entrepreneuriale dans les zones industrielles. Il cible directement les diplômés de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels, avec un objectif de parité hommes-femmes dans les formations.
Le second est le projet East Africa Skills for Transformation and Regional Integration (EASTRIP), une initiative régionale de la Banque mondiale couvrant l’Éthiopie, le Kenya et la Tanzanie, dont l’objectif est de rehausser le niveau des instituts techniques pour en faire des centres d’excellence reconnus à l’échelle du continent. Il a produit des normes professionnelles communes et un cadre régional de certification pour fluidifier la mobilité des travailleurs qualifiés.
Dans l’agroalimentaire, l’Organisation internationale du travail (OIT) a soutenu, en août 2024, la création du premier Organisme sectoriel des compétences (SSB), un mécanisme tripartite réunissant industriels, agences de certification et syndicats pour co-concevoir les curricula directement avec les employeurs du secteur. « L’établissement de cet organisme symbolise notre engagement à aligner la formation sur les besoins de l’industrie », a déclaré Teshale Berecha, ministre d’État chargé de l’EFTP au ministère éthiopien du Travail et des Compétences, lors du lancement.























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