Alors que la Côte d’Ivoire veut accélérer le développement de son écosystème d’IA, le gouvernement entend identifier les applications susceptibles de répondre aux besoins de l’administration, des entreprises et des populations. La démarche doit notamment déboucher sur une feuille de route opérationnelle et des projets pilotes.
Le gouvernement ivoirien a annoncé, le mardi 1er septembre 2026, la conclusion d’un partenariat stratégique avec Mistral AI, acteur européen spécialisé dans l’intelligence artificielle (IA).
Signé le 17 août à Abidjan, ce partenariat vise à développer des solutions d’IA adaptées aux besoins de l’État, des entreprises et des populations. Il prévoit d’abord un audit stratégique de l’écosystème ivoirien, destiné à cartographier les acteurs, à évaluer les données et les infrastructures disponibles et à identifier les usages les plus pertinents. L’administration publique, la santé, l’éducation, l’agriculture et les services aux populations figurent ainsi parmi les secteurs prioritaires, en raison de leur poids économique et de leur impact social.
Selon le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation, dans l’agriculture, qui contribue à environ 20 % du PIB ivoirien, l’IA pourrait améliorer le suivi des cultures, l’utilisation des intrants et la prévision des risques climatiques. Dans la santé, elle pourrait notamment améliorer les capacités de diagnostic, la télémédecine et la gestion des services, dans un contexte marqué par des disparités d’accès aux soins.
L’éducation et la recherche doivent également contribuer au développement des compétences nécessaires à un écosystème local de l’IA. Dans l’administration, les applications pourraient concerner l’automatisation de certaines tâches, la gestion des données et l’amélioration des services publics.
L’objectif est ainsi d’identifier en priorité les cas d’usage à fort impact. Les conclusions de l’audit doivent déboucher sur une feuille de route opérationnelle et des projets pilotes.
Pour adapter la démarche au contexte ivoirien, Mistral AI s’appuiera sur Artefact Côte d’Ivoire, spécialisé dans la data et l’IA. L’audit permettra également d’identifier les éventuels besoins en données, en infrastructures et en compétences avant le lancement des premiers projets.
L’IA au cœur de la stratégie numérique ivoirienne
Le partenariat s’inscrit dans la feuille de route numérique 2026-2028, qui compte 40 projets structurants et fait de l’intelligence artificielle l’un de ses piliers. Il intervient après plusieurs initiatives visant à structurer l’écosystème ivoirien de l’IA. Le gouvernement a notamment annoncé une enveloppe de 1300 milliards FCFA (2, 3 milliards de dollars) pour sa stratégie nationale d’IA et signé, en mai 2025, trois protocoles avec CEDITECH, Amini Corp et TBI portant sur la formation, les données et les usages publics de l’IA.
Deux autres protocoles ont été conclus en juillet 2025 avec G42 Presight pour accompagner la modernisation de l’administration et le développement numérique.
L’enjeu est désormais de traduire ces engagements en infrastructures, en compétences et en applications concrètes. À l’horizon 2030, le gouvernement ambitionne de porter à 12 à 15 % la contribution du numérique au PIB, contre 6 à 8 % actuellement, en misant notamment sur le renforcement des compétences scientifiques et technologiques.























Réagissez à cet article