Avec plus de 2 000 MW de capacité, le projet Julius Nyerere est désormais l’un des piliers du système électrique tanzanien. Son inauguration remet aussi en perspective le potentiel d’une technologie renouvelable encore capable d’apporter plusieurs gigawatts en un seul projet.
La Tanzanie a officiellement inauguré, le 22 août, la centrale hydroélectrique Julius Nyerere, construite sur le fleuve Rufiji par les sociétés égyptiennes Elsewedy Electric et Arab Contractors. Ses neuf turbines, d’une capacité totale de 2 115 MW, étaient déjà toutes raccordées au réseau depuis mars 2025 et doivent produire environ 6 307 GWh d’électricité par an.
Un nouveau poids lourd dans le système électrique tanzanien
Julius Nyerere change nettement l’échelle du parc électrique de ce pays d’Afrique de l’Est. En mars 2026, la demande de pointe de la Tanzanie s’établissait en effet autour de 2 100 MW pour une capacité de production d’électricité de 4 383 mégawatts. La puissance du barrage représente donc, à elle seule, presque l’équivalent du niveau de consommation maximale du pays.
L’infrastructure renforce la place de l’hydroélectricité dans le mix électrique, puisque cette source fournit désormais l’essentiel de la production nationale (67 %), devant le gaz naturel.
La Tanzanie dispose ainsi d’une marge de production beaucoup plus confortable qu’il y a quelques années, et le défi se déplace progressivement vers le réseau et l’accès effectif à l’électricité. Dans le cadre de son Pacte national Énergie, le pays veut étendre l’électrification à 8,3 millions de ménages supplémentaires d’ici 2030, afin de faire passer le taux national de raccordement de 46 % en 2022 à 75 % en 2030. Les autorités entendent mettre l’accent sur l’électrification rurale et les zones mal desservies.
L’hydroélectricité reste une option de taille pour l’Afrique
Le projet tanzanien n’est pas un cas isolé. En Éthiopie, le Grand barrage de la Renaissance (GERD), inauguré en 2025, affiche 5 150 MW, doublant la capacité totale du pays. À eux deux, ces ouvrages montrent ce que l’hydroélectricité peut apporter à des systèmes qui doivent répondre à une demande appelée à fortement augmenter.
Dans l’ensemble, l’Afrique comptait environ 52 GW de capacités hydroélectriques en 2025, pour une production de 179 TWh, selon l’International Hydropower Association (IHA). L’hydroélectricité représente ainsi déjà une part importante de l’électricité produite sur le continent, alors même qu’une grande partie du potentiel disponible reste encore inexploité.
Le solaire et l’éolien occupent aujourd’hui une place centrale dans le débat sur la transition énergétique et dans les nouveaux investissements concernant les renouvelables, notamment parce qu’ils peuvent être déployés plus rapidement et à une plus petite échelle dans différentes zones. Les exemples tanzanien et éthiopien rappellent cependant que l’énergie hydraulique conserve un avantage particulier, à savoir sa capacité à apporter plusieurs gigawatts avec un seul ouvrage et à fournir une électricité fiable.























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