Pour un pays producteur de pétrole, la richesse du sous-sol ne suffit pas à attirer les capitaux. Il faut aussi un cadre réglementaire fiable. Le Nigeria l’a appris à ses dépens pendant des décennies de sous-investissement offshore.
Jusqu’à 50 milliards de dollars d’investissements offshores sont attendus au Nigeria d’ici 2030, portés par 22 grands projets en cours de développement. C’est ce qu’a annoncé la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC) mercredi 5 août à Lagos, en marge du Nigeria Annual International Conference and Exhibition (NAICE 2026).
En janvier dernier, la NNPC Ltd dévoilait le Gas Master Plan 2026 (NGMP 2026) qui vise à attirer plus de 60 milliards de dollars d’investissements sur l’ensemble de la chaîne de valeur pétrole et gaz d’ici 2030. Ce plan fixe également des objectifs de production gazière, 10 milliards de pieds cubes par jour en 2027 et 12 milliards en 2030, et des objectifs pétroliers de 2 millions de barils par jour en 2027 et 3 millions en 2030. Les 22 projets offshores mentionnés par le régulateur, estimés entre 30 et 50 milliards de dollars, constituent la principale traduction concrète de ce plan.
La NUPRC a également indiqué avoir approuvé plus de 57 milliards de dollars de plans d’exploitation de champs depuis 2024, dont certains ont déjà abouti à des décisions finales d’investissement. « La certitude des investissements n’est plus une aspiration, elle devient une caractéristique durable de notre cadre réglementaire », a déclaré Oritsemeyiwa Eyesan, sa directrice, d’après des propos rapportés par Punch Nigeria.
Ces projets en mer marquent un tournant dans la stratégie de production nigériane. Jusqu’ici, les nouvelles productions venaient surtout des champs terrestres et des eaux côtières peu profondes, indique Businessfront. Les grands projets en eaux profondes, situés loin des côtes et nécessitant des équipements bien plus lourds, sont plus coûteux et plus longs à développer, mais ce sont eux qui doivent porter la prochaine vague de croissance.
Cette dynamique commerciale favorable s’explique aussi par le contexte géopolitique. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz en février, l’Inde et d’autres acheteurs asiatiques ont multiplié leurs achats de brut nigérian en quête d’alternatives au brut du Golfe persique.
Un cadre réglementaire réformé pour attirer les capitaux
Le cycle d’attribution de licences 2025 illustre concrètement ce regain d’attractivité, attribué aux réformes impulsées par la loi pétrolière de 2021, à la transparence accrue des processus d’attribution de licences et à l’amélioration de la sécurité dans la région du delta du Niger.
Ainsi sur 50 actifs mis aux enchères, 31 entreprises ont remporté 37 blocs sur un total de 143 entreprises ayant soumis environ 200 offres, un niveau de compétition inédit, selon la NUPRC. Des actifs dont le régulateur juge qu’ils pourraient débloquer près de 500 millions de barils de pétrole et environ 56 milliards de mètres cubes de gaz alors qu’un nouveau processus d’octroi de permis pétrogazier est en préparation pour le 3ème trimestre 2026.
Au-delà de la production, le régulateur met en avant l’impact économique de ces investissements. « Ces investissements créeront des emplois, élargiront les infrastructures et renforceront la sécurité énergétique », a déclaré Eyesan.























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