#Economie #Soudan
Denys Bédarride
17 septembre 2020 Dernière mise à jour le Jeudi 17 Septembre 2020 à 10:30

Selon les autorités, cette chute de la devise nationale est essentiellement due à la contrebande sur le marché noir, qui affaiblit l’Économie formelle.

Au Soudan, le conseil souverain qui dirige le pays depuis la chute d’Omar el Béchir vient de déclarer un « état d’urgence » économique. L’annonce a été faite par le ministre des Finances, Hiba Mohamed Ali, lors d’une conférence de presse organisée le jeudi 10 septembre à Khartoum.

D’après le responsable, cette mesure vise surtout à stopper la dépréciation brutale de la devise nationale, la livre soudanaise. Pour les autorités soudanaises, cette chute est due essentiellement à la contrebande généralisée et à plusieurs autres activités illicites qui contribuent à affaiblir l’économie formelle du pays.

Pour de nombreux observateurs, la livre soudanaise serait en réalité victime d’un « vandalisme systématique » mis en œuvre par d’anciens proches du général Béchir. Pour lutter contre le phénomène, les autorités prévoient la mise en place de tribunaux spéciaux pour sévir contre les contrebandiers. Dans le cadre de ce processus de répression, la vente, l’achat, la possession ou le déplacement illégal d’or brut seront des délits criminels passibles d’environ 10 ans de prison.

L’annonce intervient alors que les réformes mises en place par le gouvernement d’Abdallah Hamdok semblent avoir le vent en poupe, malgré un taux d’inflation à plus de 143% (en juillet), soit l’un des plus importants au monde. Khartoum s’est rapproché des Etats-Unis, un de ses anciens ennemis traditionnels qui a contribué à l’isoler du système financier mondial, et espère désormais obtenir des financements de bailleurs de fonds étrangers comme l’Union européenne.

En août, le gouvernement a paraphé un accord de paix avec les rebelles, suscitant l’espoir d’une fin des combats qui ravageaient le Darfour et d’autres parties du pays est-africain.

Source Agence Ecofin

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