#Medicaments #Pharmaceutique #Madagascar
Denys Bédarride
18 octobre 2020 Dernière mise à jour le Dimanche 18 Octobre 2020 à 08:30

Le président Andry Rajoelina a récemment inauguré une usine de production de médicaments destinée à être le socle de la nouvelle filière pharmaceutique malgache. Parmi les objectifs affichés, disposer notamment d’une filière compétitive à l’export.

La construction de l’usine Pharmalagasy s’inscrit dans le volet sanitaire du Plan Emergence Madagascar (PEM) voulu par le gouvernement Malgache. L’usine produira des médicaments, remèdes et compléments alimentaires dont la composition sera adossée sur la médecine traditionnelle malgache. L’un des premiers objectifs est de capter des parts sur le marché international des médicaments à base de plantes ainsi que le marché pharmaceutique africain. En outre, la production de médicaments génériques est destinée à favoriser la baisse des coûts, permettant un meilleur accès aux soins pour les foyers.

Quelles spécificités de production ?

Pharmalagasy dispose de matériels high-tech aux normes GMP/FDA selon les standards de conformité internationale. L’usine est conçue sur une base de production locale afin de faciliter la traçabilité et le contrôle des médicaments. Cette tâche de vérification de conformité sera fournie par le Centre National d’Application de Recherche Pharmaceutique (CNARP).

A pleine capacité, l’usine devrait pouvoir produire 15 000 gélules par minute (et 240 flacons) pour un total de 32 millions de gélules par jour. Par ailleurs, la gamme de Pharmalagasy sera composée d’une douzaine de médicaments (asthme, paludisme, diabète…). Actuellement, les lignes de production sont dédiées à la lutte contre l’épidémie de Covid-19 via la production de compléments alimentaires CVO+ à base d’Artemisia. Ce produit est développé par l’Institut malgache de recherches appliquées (IMRA).

Quelles opportunités à l’export ?

Le marché international des médicaments à base de plante est estimé à 129 milliards de dollars. Madagascar semble le viser via l’AGOA et l’APE qui offriront des facilités d’exportation en Amérique du Nord et dans l’Union européenne. Il s’agit d’un marché de 900 millions de consommateurs potentiels, dont les comportements semblent d’ailleurs de plus en plus se tourner vers la médecine et les remèdes traditionnels à base de plantes. L’autre versant de la stratégie pharmaceutique malgache est de capter des parts de marchés vers le continent africain (65 milliards de dollars). L’Afrique compte peu d’acteurs continentaux et les coûts logistiques dus à l’import font exploser les prix. La construction d’une filière continentale serait à même de corriger ces défauts.

D’autant que le projet de Madagascar est conçu dans cette optique de baisse des tarifs. Un horizon qui n’a pas échappé à l’ONU qui via la représentante de l’OMS à Madagascar, Charlotte Ndiaye, a apporté son soutien à l’initiative. Celle-ci était présente lors de l’inauguration de Pharmalagasy le 2 octobre dernier aux côtés du président Rajoelina, et a prononcé un discours.

Baisser les couts et faciliter l’accès aux soins

En Afrique prés de 90% du prix d’un médicament est le résultat de la valeur ajouté logistique due à l’importation et au transports. Les dépenses de soins y atteignent prés de 60% des revenus individuels. Les autorités malgaches estiment alors que la production industrielle locale de Pharmalagasy sera en mesure de baisser de 30% la tarification. Outre l’accès aux soins, c’est aussi le rééquilibrage de sa balance commerciale (médicaments) négative (-146,200 millions) que le gouvernement malgache vise.

Source Agence Ecofin

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