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#Economie #Emploi #Nigeria
Agence Ecofin
30 janvier 2026 Dernière mise à jour le Vendredi 30 Janvier 2026 à 01:11

Alors que le Nigeria cherche à relancer sa croissance et à résorber un chômage structurel, Abuja mise sur la transformation de la recherche publique en valeur économique et en emplois, afin de réduire le fossé persistant entre production académique et marché du travail.

Le gouvernement fédéral du Nigeria a dévoilé, le vendredi 16 janvier à Abuja, une politique nationale de recherche à la commercialisation, accompagnée de l’installation de deux comités clés chargés de son élaboration et de sa mise en œuvre. L’initiative vise à traduire les résultats de la recherche financée par l’État en produits, services et solutions capables de soutenir l’emploi et la compétitivité économique, selon le communiqué officiel.

Présentant l’initiative, le ministre nigérian de l’Éducation, Maruf Tunji Alausa, a souligné que « malgré des investissements substantiels dans les universités, les instituts de recherche et les agences spécialisées, de nombreux résultats de la recherche restent sous‑utilisés ». La nouvelle politique prévoit ainsi des voies structurées pour faire passer la recherche au‑delà des publications académiques vers des produits, services et solutions évolutives, tout en renforçant la collaboration entre l’État, le monde universitaire, l’industrie et les institutions de financement.

Le dispositif s’appuie sur un appui financier conséquent. Le budget 2026 prévoit notamment 2 milliards de nairas (≈ 1,41 million USD) pour le comité Recherche, innovation et commercialisation, 3 milliards de nairas pour son fonctionnement, ainsi qu’un fonds de capital‑risque de 50 millions de nairas destiné aux étudiants.

Cette orientation vise à corriger un déséquilibre durable, dans une économie où la recherche scientifique se transforme encore difficilement en valeur marchande, en raison de financements insuffisants, d’une protection limitée de la propriété intellectuelle et de liens fragiles avec le tissu productif.

L’initiative intervient dans un contexte de fortes tensions sur le marché du travail. Officiellement, le taux de chômage s’élevait à environ 4,9 % fin 2024, selon le Bureau national des statistiques, un chiffre qui dissimule toutefois un sous‑emploi et une informalité importants, en particulier chez les jeunes. Par ailleurs, les dépenses en recherche et développement restent inférieures à 0,2 % du PIB, un niveau jugé insuffisant par la Banque mondiale pour soutenir durablement une économie fondée sur la connaissance.

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