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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mardi 17 Février 2026 à 05:07

Le pays de la Corne de l’Afrique, qui a subi ces dernières années plusieurs chocs économiques endogènes et exogènes, devrait retrouver cette année ses niveaux de croissance d’avant la pandémie de Covid-19.

L’Éthiopie devrait enregistrer une croissance économique de 10,2 % durant l’exercice budgétaire 2025/2026 (du 8 juillet 2025 au 7 juillet 2026), notamment grâce aux bonnes performances enregistrées dans les domaines des exportations, des investissements étrangers, de l’agriculture et de l’exploitation minière, a annoncé le Premier ministre Abiy Ahmed (photo), le mardi 3 février. « Sur la base d’une analyse des performances enregistrées durant les six mois déjà passés de l’exercice budgétaire en cours, nous avons révisé nos prévisions de croissance à 10,2 % d’ici la fin de l’exercice », a-t-il déclaré lors de la présentation du rapport semestriel du gouvernement à la Chambre des représentants du peuple.

Ce taux est en effet supérieur aux prévisions formulées par le ministère des Finances en juin 2025, qui anticipait une croissance de 8,9 %. Abiy Ahmed a rappelé que le pays a engagé plusieurs réformes économiques, comme la libéralisation du taux de change, la levée complète des restrictions de change dans les zones économiques spéciales et l’ouverture progressive de l’économie aux investisseurs privés. Des réformes qui lui ont permis de récolter 5,1 milliards USD grâce aux exportations de marchandises au cours du premier semestre de l’exercice budgétaire.

Addis-Abeba a également engrangé 4,5 milliards USD grâce aux exportations de services, et 2,3 milliards USD grâce aux investissements directs étrangers au cours de la même période. Le Premier ministre éthiopien a d’autre part souligné que les réformes économiques menées par son gouvernement visent principalement à corriger les déséquilibres macroéconomiques, à alléger le fardeau de la dette nationale et à parvenir à une croissance de haute qualité, en réorientant l’économie vers une structure plus diversifiée, plutôt que centrée sur l’agriculture.

« À cet égard, l’Éthiopie enregistre un succès économique remarquable, et réalise l’un des taux de croissance les plus forts, sans disposer de ressources pétrolières », s’est-il félicité. L’économie éthiopienne, qui enregistrait des taux de croissance tournant autour de 10 % avant la pandémie du coronavirus, a subi ces dernières années plusieurs chocs économiques successifs, dont la crise sanitaire mondiale, un conflit sanglant qui a duré deux ans dans la région septentrionale du Tigré, ainsi qu’une succession de phénomènes météorologiques extrêmes comme une longue vague de sécheresse et des inondations dévastatrices.

Ce pays d’Afrique de l’Est qui avait demandé dès début 2021 une large restructuration de sa dette extérieure au titre du cadre commun du G20, bien avant de faire défaut sur son unique eurobond en décembre 2023, a conclu fin mars 2025 un accord de principe avec ses créanciers officiels, sur la restructuration de 8,4 milliards USD de dettes. 

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