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#Economie #Fiscalite #Impots #Kenya
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Samedi 21 Février 2026 à 05:45

La mesure défendue par le président de la République, William Ruto, vise à faire face à la vie chère. Elle prévoit une exonération d’impôt pour les salariés gagnant jusqu’à 30 000 shillings ainsi qu’une baisse du taux d’imposition à 25 % pour les revenus modestes, malgré des finances publiques déjà sous tension.

Au Kenya, le gouvernement tente de relever le seuil d’imposition, afin de protéger le pouvoir d’achat des ménages. La mesure a été publiquement défendue le 4 février 2026 par le chef de l’État kényan, William Ruto, lors d’une rencontre avec les cadres de son parti politique, l’Union de l’Alliance démocratique (UDA). 

Selon le projet, il faudra désormais gagner au-delà de 30 000 shillings par mois (environ 233 $) pour être imposé. Concrètement, ce sont plus de 1,5 million de travailleurs gagnant 30 000 ou moins par mois qui seront exonérés d’impôt. « Pour 500 000 autres personnes gagnant jusqu’à 50 000 shillings, nous réduisons le taux d’imposition de 30 % à 25 % », a également déclaré William Ruto, lors de la rencontre.

Ce projet intervient après l’annonce faite par le chef de l’État, lors de son discours du Nouvel An le 31 décembre 2025, de déployer cette année un programme de lutte contre la pauvreté. L’objectif annoncé était de réduire le taux de pauvreté de moitié.

De plus, la mesure avait officiellement été recommandée par l’Association des banques kényanes (KBA) en décembre 2025, afin « d’accroître le revenu disponible, de renforcer l’autonomie des travailleurs, de soutenir les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et d’augmenter les recettes fiscales de l’État grâce à une hausse de la consommation et de l’investissement ». 

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Des défis persistants malgré la croissance

Malgré une croissance résiliente (4,8 % en 2025, selon le FMI) et une inflation en baisse, le Kenya continue de faire face à de nombreux défis dans la lutte contre la pauvreté. D’après la Banque mondiale, le nombre de personnes gagnant moins de 3 dollars par jour était estimé à 43,8 % de la population en 2025.

« Le pouvoir d’achat des salariés kényans a fortement reculé ces dernières années. L’ajustement des tranches de l’impôt sur le revenu (PAYE) constitue une mesure concrète pour restaurer les revenus des ménages, stimuler la consommation et soutenir les entreprises », souligne Raimond Molenje, directeur général de la KBA. Il a ajouté que « lorsque les travailleurs perçoivent un salaire plus élevé, ils dépensent, épargnent et investissent davantage, ce qui renforce l’économie, améliore le remboursement des prêts et, en fin de compte, accroît les recettes publiques ».

Néanmoins, l’impact de l’exonération de 1,5 million de travailleurs gagnant moins de 30 000 sur les recettes de l’État reste à voir, dans un contexte de pression sur les finances publiques, alors que la dette publique est projetée à 70 % du PIB par le Fonds monétaire international (FMI).

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