Face à la saturation de ses infrastructures et à la montée en puissance des hubs voisins, l’aéroport de Nairobi prépare un chantier d’ampleur pour moderniser ses installations et renforcer ses capacités. Un enjeu clé pour le Kenya, qui veut conserver son statut de plaque tournante d’un marché du transport aérien Est-africain de plus en plus concurrentiel.
La Kenya Civil Aviation Authority a dévoilé en fin de semaine dernière un plan visant à doter l’aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA) de Nairobi d’une capacité supplémentaire de 15 millions de voyageurs. Le projet prévoit la construction d’un nouveau terminal, ainsi que d’une nouvelle piste à l’horizon 2029, destinée à porter les capacités à environ 63 mouvements d’aéronefs par heure, contre 14 actuellement.
Conçu à l’origine pour traiter 8 millions de voyageurs par an, le complexe en a traité 8,6 millions en 2024 et 8,8 millions en 2025, dépassant ainsi son seuil théorique. Cette pression sur les installations explique les ambitions d’extension, dans un contexte de reprise soutenue du trafic aérien régional après la Covid-19.
À terme, les autorités kényanes estiment que cette modernisation renforcera la compétitivité régionale de JKIA, améliorera la qualité du service et stimulera à la fois le trafic passagers et fret. L’objectif est également d’attirer davantage de compagnies aériennes internationales et de consolider la position de Nairobi comme porte d’entrée stratégique en Afrique de l’Est.
Les défis de financement et la concurrence régionale
Ce projet d’extension n’est pas nouveau. Évoqué depuis plusieurs années, il se heurte à des contraintes de financement. En 2024, l’indien Adani Group avait proposé d’investir 1,85 milliard USD pour agrandir et moderniser la plateforme, en contrepartie d’un contrat de concession de 30 ans. Cette offre a suscité une vive opposition des travailleurs de l’aéroport, qui dénonçaient certaines clauses jugées défavorables aux intérêts nationaux, provoquant l’annulation des accords préliminaires entre le gouvernement et le bailleur de fonds.
Le nouveau plan survient dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Le Rwanda développe actuellement à Bugesera un nouvel aéroport d’une capacité cible de 14 millions de voyageurs, dont 7 millions dès la première phase, avec une mise en service prévue en 2027.
De son côté, la Tanzanie a porté la capacité de son principal aéroport à Dar es-Salaam à 8 millions de voyageurs, et poursuit la modernisation de ses infrastructures, notamment avec des travaux en cours sur le terminal 2. Dans ce contexte, le piétinement du programme d’extension de JKIA pourrait fragiliser la position du Kenya sur un marché du transport aérien où ses voisins accélèrent leurs investissements pour capter une part croissante du trafic régional.




















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