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#Construction #Energie #Gazoduc #Transport #Senegal
Agence Ecofin
28 octobre 2026 Dernière mise à jour le Mercredi 28 Octobre 2026 à 10:27

Le Sénégal veut optimiser l'exploitation de ses ressources gazières offshore pour alimenter ses centrales électriques et ses industries. Le développement de gazoducs doit faciliter leur acheminement vers les consommateurs, et diversifier l’approvisionnement énergétique du pays.

Le Réseau gazier du Sénégal (RGS), opérateur chargé du développement et de l’exploitation du réseau de transport de gaz naturel, recherche des partenaires financiers pour mobiliser 530 millions d’euros (environ 595,5 millions USD) qui seront destinés à la construction de 3 tronçons de gazoducs. Présenté en début de semaine lors de l’African Energy Week (AEW) à Cape Town, le programme prévoit le démarrage des travaux en 2027 et la mise en service des infrastructures en 2029.

Pour attirer les investisseurs, la société publique propose une concession d’une durée de 15 ans renouvelable, et un cadre tarifaire libellé pour couvrir les dépenses d’investissement et d’exploitation. Le dispositif prévoit un taux de rentabilité interne de 20 %, selon son directeur général, Pape Momar Lo.

3 tronçons pour alimenter centrales et secteur industriel

Les 3 segments annoncés, baptisés Green, Blue et Orange, représentent au total 255 km de conduites. Le segment Green, évalué à 220 millions d’euros, couvrira 110 km et disposera d’une capacité de transport de 300 millions de pieds cubes standards par jour. Il doit acheminer les excédents de gaz du projet de liquéfaction Greater Tortue Ahmeyim (GTA) vers les réseaux Blue et Orange.

Le segment Blue nécessitera 180 millions d’euros pour construire 100 km de conduites, avec une capacité annoncée de 713 millions de pieds cubes standards par jour. Il desservira 6 centrales électriques et 6 installations industrielles. Le segment Orange, estimé à 130 millions d’euros, s’étendra quant à lui sur 45 km, et disposera d’une capacité de 300 millions de pieds cubes standards par jour. Il alimentera 6 sites industriels et une centrale électrique.

Les budgets prévoient au total 25 millions d’euros d’indemnisations pour les personnes affectées par les travaux. Les achats d’équipements et les opérations de construction représentent également une part importante des dépenses prévues.

Ce programme s’ajoute à une première phase de 275 millions d’euros lancée en septembre 2026. D’une longueur d’environ 85 km, cette conduite doit relier le hub gazier de GTA à une centrale électrique au gaz de 250 MW à Gandon. Lors de la présentation du nouveau programme, Pape Momar Lo a indiqué que le tronçon nord du gazoduc affichait un taux d’avancement de 25,8 %.

À plus long terme, les extensions envisagées doivent aussi permettre d’acheminer le gaz des projets GTA, Yakaar-Teranga et Sangomar vers d’autres centrales électriques. Le DG de RGS rattache ces investissements aux objectifs nationaux de production d’électricité à partir du gaz, de développement industriel, et à la vision du Sénégal à l’horizon 2050. « Il ne s’agit pas seulement de construire des infrastructures, mais de bâtir un pays », a-t-il déclaré.

La nécessité de ces infrastructures apparaît par ailleurs à la lumière des difficultés récentes du système électrique sénégalais. Les coupures enregistrées au mois de septembre ont mis en évidence les contraintes d’approvisionnement en combustibles et de disponibilité des moyens de production. En acheminant le gaz vers les centrales, le réseau doit contribuer à diversifier leur approvisionnement et à réduire le recours aux combustibles importés. Son effet sur le coût de l’électricité dépendra toutefois de la disponibilité de la ressource, des conditions de son acheminement, et surtout du fonctionnement des centrales.

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