A l’instar d’autres producteurs d’Afrique centrale confrontés à l’érosion de leurs champs matures, le Tchad voit baisser sa production d’or noir, son principal pourvoyeur de recettes. Une situation à laquelle les autorités cherchent des solutions.
Le Tchad a adopté un nouveau plan stratégique 2025-2030 pour le secteur des hydrocarbures qui vise, selon les informations rapportées le 31 octobre par la presse locale, à porter sa production de brut à 250 000 barils par jour. Une cible qui représente une augmentation de quelque 69 % par rapport au plateau actuel d’environ 140 000 b/j.
Pour atteindre cette cible, le plan met notamment l’accent sur l’accroissement des activités d’exploration et de production dans l’amont, ainsi que sur l’extension des capacités de raffinage et de distribution dans l’aval. Il implique aussi l’amélioration des infrastructures intermédiaires (logistique, dépôts, pipelines, etc.) et insiste sur le renforcement de la gouvernance et la promotion du contenu local pour capter davantage de valeur ajoutée dans la chaîne pétrolière nationale. Il évoque enfin des réformes juridiques et institutionnelles pour encadrer ce processus et garantir transparence et efficacité.
Ce virage stratégique est lié à plusieurs réalités. Le secteur des hydrocarbures demeure l’un des piliers économiques du Tchad. Selon des données 2024 de l’agence de notation financière Moody’s, le pétrole représente environ 60 % de ses recettes d’exportation. Une note-pays dédiée publiée en août 2025 par Energy Intelligence, entreprise spécialisée dans l’analyse stratégique du secteur de l’énergie, constate une baisse de la production qui est passée de 144 000 b/j en moyenne en 2024 à 137 000 b/j entre janvier et mai 2025. La publication attribue ce recul au manque d’investissements dans le secteur, aggravé par le vieillissement des infrastructures.
Dans ce contexte, le gouvernement cherche à mieux valoriser ses ressources pour soutenir la croissance économique. Pour rappel, dans ses projections pour le Tchad publiées en 2024, la Banque africaine de développement (BAD) prévoit que les perspectives économiques demeurent favorables, avec une progression du PIB attendue à 5,3 % en 2025 contre 5,2 % en 2024, portée par le dynamisme du secteur pétrolier.




















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