Confronté à une dette élevée, à la baisse de l’aide extérieure et à des chocs climatiques récurrents, le Mozambique cherche à sécuriser des financements concessionnels pour stabiliser son cadre macroéconomique et soutenir ses besoins de développement.
La Banque mondiale entend mobiliser jusqu’à 6 milliards de dollars de financements en faveur du Mozambique au cours des cinq prochaines années, dans le cadre d’un nouveau partenariat axé sur la stabilisation macroéconomique, le financement de l’investissement public et l’appui à la reprise économique. L’annonce a été faite par Fily Sissoko (photo), directeur de la Banque mondiale pour le Mozambique, à l’occasion d’une rencontre avec la presse.
D’après le responsable, près de 3 milliards de dollars sont déjà mobilisables, tandis que l’institution prévoit de lever les 3 milliards supplémentaires, essentiellement sous forme de dons et de financements concessionnels. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’équilibre budgétaire et à accompagner les priorités de développement d’un pays confronté à des contraintes financières structurelles.
Une économie encore sous fortes contraintes structurelles
Le Mozambique évolue en effet dans un environnement macroéconomique fragile, caractérisé par un niveau d’endettement élevé, un accès restreint aux financements extérieurs et une forte vulnérabilité aux chocs climatiques, notamment les cyclones et les inondations qui affectent régulièrement les infrastructures et l’activité économique.
Selon le FMI, la dette du secteur public avoisinait 90 % du PIB en 2025, dont près de 60 % sont détenus par des créanciers extérieurs. Dans sa dernière analyse, l’institution souligne que « malgré certaines évolutions positives — notamment une inflation faible, des réserves de change adéquates, la reprise d’un important projet de GNL et le retrait de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) — les défis restent considérables ».
Parallèlement à l’appui au secteur public, le Groupe de la Banque mondiale indique vouloir mobiliser près de 4 milliards de dollars en direction du secteur privé, dans l’optique de stimuler l’investissement productif et la création d’emplois.
Dans ce contexte, le FMI anticipe une croissance de 3,5 % en 2026, après une estimation de 2,5 % pour 2025, traduisant une reprise progressive mais toujours dépendante des grands projets d’investissement et de l’amélioration du cadre macroéconomique.




















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