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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 5 Octobre 2026 à 07:17

Des mines en expansion, d’autres, plus récentes et de grande taille, en construction, et des investissements qui s’accélèrent dans l’exploration : le rythme d’activité est soutenu. C’est celui qu’affiche depuis quelques années le secteur aurifère ivoirien, nourrissant les ambitions de l’État.

2035 : c’est l’échéance envisagée par la Côte d’Ivoire pour se hisser au rang de premier producteur africain d’or. Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ministre des Mines, en a fait l’annonce le 16 septembre, réitérant ainsi l’ambition du pays de progresser dans une hiérarchie continentale actuellement dominée par le Ghana. Une cible qui n’a rien d’anodin, au regard de la liste des nombreux projets aurifères actuellement en développement dans le pays.

Cette ambition a été évoquée parallèlement à l’annonce de la mise en exploitation, prévue au premier semestre 2027, d’une unité d’affinage dans le pays. Celle-ci devrait disposer d’une capacité de traitement de 100 tonnes d’or, soit, selon le ministre, une quantité quasiment équivalente à celle que devraient produire les mines industrielles projetées. Un niveau qui illustre à la fois les perspectives de croissance de la filière et les ambitions du gouvernement en matière de transformation locale de ses ressources.

« L’unité d’affinage entrera en exploitation au terme du premier semestre 2027. À plein régime de fonctionnement, elle traitera une quantité d’or quasiment équivalente à celle des mines industrielles projetées, soit environ cent tonnes. Ce faisant, la Côte d’Ivoire devrait se hisser au rang de premier producteur africain d’or d’ici 2035 », a-t-il déclaré.

Or industriel et artisanal dans l’équation

Le cap annoncé intervient alors que la Côte d’Ivoire occupait encore le 8e rang des producteurs africains d’or en 2025, selon les données du World Gold Council. Plusieurs pays se situaient alors devant elle, notamment le Zimbabwe, la Guinée, le Soudan, le Mali et le Burkina Faso, tandis que le Ghana occupait la première place. Mais derrière ce classement se dessine surtout une industrie aurifère ivoirienne en croissance continue, dont la production est passée d’environ 13,2 tonnes en 2012 à 59,33 tonnes en 2025. Quelque 62 tonnes sont encore attendues pour l’exercice en cours.

Cette progression devrait être soutenue par l’arrivée de nouvelles capacités. Certaines mines existantes misent déjà sur leur expansion, à l’image de Yaouré, opérée par Perseus Mining. Dans le même temps, plusieurs nouveaux sites sont en développement, à commencer par la future mine d’or de Koné, que le canadien Montage Gold veut mettre en service d’ici la fin de cette année. D’autres projets, comme Assafou d’Endeavour Mining, Doropo de Resolute Mining ou encore Afema de Turaco, sont attendus au cours des trois prochaines années. À cela s’ajoute une activité d’exploration qui continue de soutenir la découverte de nouveaux gisements, comme l’illustre le projet Odienné.

L’équation ne se limite toutefois pas aux seules capacités industrielles. L’or artisanal et semi-industriel occupe également une place importante dans la stratégie ivoirienne. Le ministre l’a notamment illustré à travers l’opérationnalisation en cours de la Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP), qu’il présente comme un « maillon clé de la rationalisation et de la promotion de la petite mine ». L’entité sera notamment chargée d’exploiter des mines semi-industrielles, de piloter le comptoir national d’achat d’or et de contribuer à la transformation locale de l’or ainsi qu’à sa commercialisation.

Pour la Côte d’Ivoire, qui estime son potentiel aurifère à 600 tonnes d’or, ces différents éléments témoignent d’une accélération de la filière. Ils ne garantissent toutefois pas encore la concrétisation de l’ambition affichée par l’État. Pour atteindre le niveau actuel de production du Ghana, Abidjan devrait, par exemple, plus que tripler sa production actuelle. L’ex-Gold Coast a produit 6 millions d’onces d’or en 2025, soit 186,6 tonnes, et anticipe encore cette année une progression autour de 6,5 millions d’onces.

L’écart à combler donne ainsi une mesure de l’ampleur du défi pour la Côte d’Ivoire. Mais au-delà des seuls volumes produits, le véritable enjeu pour Abidjan sera de maintenir les conditions favorables à la poursuite et à l’accélération des investissements dans le secteur aurifère, tout en améliorant la régulation d’une filière artisanale dont une partie des volumes échappe encore aux circuits officiels. Selon l’organisation SWISSAID, la production d’or non déclarée en Côte d’Ivoire se situe entre 30 et 40 tonnes ces dernières années.

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