#Coronavirus #PIB #Cameroun
Denys Bédarride
2 décembre 2020 Dernière mise à jour le Mercredi 2 Décembre 2020 à 09:30

La dette publique du Cameroun a crû de 1338 milliards FCFA (+7,2% du PIB), entre avril et septembre 2020. Cette hausse exponentielle se justifie par l’accélération des décaissements des financement extérieurs, les émissions de titres publics et un nouveau mode de calcul de la dette.

Selon les statistiques de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) et du ministère des Finances, l’encours de la dette publique et à garantie publique du Cameroun s’élevait à 8 826 milliards FCFA à fin avril 2020, représentant 38,6% du PIB, informe Investir au Cameroun. A fin septembre 2020, cette enveloppe a été portée à 10 164 milliards FCFA (soit 45,8% du PIB), à en croire les pointages de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), le gérant de la dette publique au Cameroun.

Mathématiquement, l’Etat du Cameroun a donc vu sa dette augmenter de 1 338 milliards FCFA au cours de la période de cinq mois allant d’avril à septembre 2020, soit de 7,2% du PIB.

Cet accroissement exponentiel de l’encours de la dette publique du Cameroun entre avril et septembre 2020 peut s’expliquer par l’accélération des décaissements des financements extérieurs. Ces financements ont non seulement trait aux appuis budgétaires obtenus dans le cadre du Programme économique et financier avec le FMI, mais aussi aux emprunts contractés par le gouvernement pour lutter contre la pandémie du coronavirus, dont les premiers cas ont été identifiés sur le territoire national en mars 2020.

Mis à part les financements extérieurs, le Cameroun a également été très présent sur le marché monétaire sous-régional au cours de la période sous revue, à travers des émissions successives de titres publics de court et long termes, en vue de la mobilisation des capitaux servant au financement du budget. Par exemple, sur le seul 3e trimestre 2020, le Trésor projetait de lever 110 milliards FCFA sur ce marché, et 180 milliards FCFA au 4e trimestre courant.

Cette hausse de la dette n’est pas uniquement le fait de nouveaux emprunts. Elle est aussi due aux réformes dans l’évaluation de la dette publique. Désormais, la dette publique s’étend progressivement de l’administration centrale vers l’ensemble du secteur public, suivant la disponibilité des informations. Selon la CAA, la prise en compte des nouvelles conventions de dettes croisées a, par exemple, contribué à augmenter l’encours de la dette intérieure de 6,4%, soit environ 144 milliards FCFA, en glissement annuel. En plus, la dette intérieure intègre désormais les restes à payer de plus de 3 mois.

Source Agence Ecofin

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