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Agence Ecofin
4 janvier 2022 Dernière mise à jour le Mardi 4 Janvier 2022 à 12:00

Après avoir suspendu son aide en 2016 suite à l’affaire des Tuna Bonds, le FMI pourrait à nouveau valider un accord FEC pour le Mozambique. Les premières discussions commenceront dès janvier, alors que le pays essaye de créer les conditions économiques et sécuritaires idéales pour son projet gazier.

Le Mozambique va entrer en discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) en janvier 2022 pour obtenir un accord de facilité élargie de crédit (FEC). L’annonce a été faite par l’institution dans un communiqué publié ce mardi 21 décembre.

Selon le Fonds, la mise en place d’un tel accord servirait essentiellement à accompagner les réformes mises en place par le gouvernement pour relancer l’économie. Celle-ci a été marquée par les catastrophes climatiques qui ont frappé le pays, ces dernières années et auxquelles se sont ajoutées la crise de covid-19 et les violences terroristes dans la province du Cabo Delgado, contribuant à plonger le pays dans une récession à -1,2% l’année dernière.

« La pandémie, le conflit et l’urgence humanitaire dans le nord du pays intensifient la fragilité. Deux grandes vagues d’infections par la covid-19 au cours des premier et troisième trimestres de 2021 ont entraîné des mesures de confinement strictes, une baisse des revenus et la déscolarisation d’une population déjà vulnérable. Les attaques terroristes ont fait des milliers de morts et déplacés, plus de 800 000 personnes dans la province septentrionale de Cabo Delgado, dont beaucoup souffrent d’insécurité alimentaire », indique le FMI. 

De plus, l’Etat fait face à des pressions budgétaires exacerbées par une dette publique en hausse à 133% du PIB, et des financements limités. De ce fait, le nouveau programme financier devrait se concentrer sur l’allègement des pressions financières, le soutien au programme des autorités en matière de réduction de la pauvreté et de rétablissement d’une croissance durable et équitable, tout en aidant « à catalyser un financement supplémentaire du développement ».

S’il est conclu, ce nouvel accord FEC avec le FMI sera le premier depuis 2016. A l’époque, l’institution de Bretton Woods avait suspendu son aide envers Maputo, après la révélation d’une dette cachée de plus de 2 milliards $ contractée par le pays, dans le cadre du scandale dit des « Tuna Bonds ». Depuis, l’Etat mozambicain a entamé un processus de négociations avec ses créanciers pour restructurer cette dette, et bénéficier à nouveau de l’aide financière de ses bailleurs de fonds traditionnels.

Malgré un contexte économique perturbé par la crise sanitaire, le FMI table néanmoins sur une relance économique rapide au cours des prochaines années, grâce notamment au démarrage du projet de gaz naturel liquéfié « Mozambique LNG », prévu désormais entre 2023 et 2026. D’après l’institution, la croissance mozambicaine devrait atteindre 2,5% dès cette année, puis grimper à 5,3% en 2022. 

« A plus long terme, la croissance hors GNL devrait atteindre 4 % », indique l’institution qui ajoute que « la croissance globale augmentera fortement lorsque les projets GNL entreront en production ».

Notons que pour l’heure, aucun détail n’a été dévoilé sur le montant du financement qui pourrait être adossé à ce nouvel accord.

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