Alors que les femmes africaines restent sous-représentées dans l’emploi formel, une nouvelle étude montre que leur formation et leur intégration sur le marché du travail constituent un levier stratégique de développement.
En Afrique subsaharienne, la faible représentation féminine dans le secteur structuré entretient un déficit économique et social. Dans son rapport Including Women Means Powering Growth, publié le 13 août, Harambee Youth Employment Accelerator constate que, malgré quelques progrès, l’exclusion persistante des femmes freine encore la croissance.
Pour inverser la tendance, l’étude identifie trois leviers, à savoir l’inclusion professionnelle, la réduction des écarts salariaux et l’investissement dans la formation. Selon la Banque mondiale, la participation féminine à la main-d’œuvre atteignait 65 % en 2024 en Afrique subsaharienne, un taux supérieur à celui de plusieurs régions en développement. Mais les jeunes femmes restent moins présentes dans les emplois salariés formels. De plus, les inégalités de rémunération persistent.
D’après un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) publié en septembre 2024, l’écart salarial entre les sexes, bien qu’en légère baisse à l’échelle mondiale, demeure marqué sur le continent.
Face à ce constat, les initiatives public-privé axées sur le numérique et la formation technique et professionnelle (TVET) apparaissent comme des solutions concrètes. Former et employer davantage de femmes permettrait de renforcer la stabilité économique et d’améliorer les indicateurs sociaux.
Un rapport de MasterCard, publié en juin 2024, estime que l’inclusion des jeunes femmes dans le marché du travail en Afrique pourrait générer 287 milliards de dollars (environ 160 720 milliards FCFA) supplémentaires et créer 23 millions d’emplois d’ici à 2030, soit une hausse de 5 % du PIB continental.
Au Sahel, le projet SWEDD (Sahel women’s empowerment and demographics), financé à hauteur de 376 millions de dollars (environ 211 milliards FCFA) par la Banque mondiale, illustre l’impact positif de l’autonomisation féminine sur la formation et l’inclusion économique.
Des programmes comme Tech Herfrica ou Women in Tech Africa montrent la voie pour élargir l’accès aux compétences numériques. Il reste à savoir si ces dynamiques recevront un soutien suffisant pour produire un impact durable sur l’emploi féminin à l’échelle du continent.
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