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#CentraleNucleaire #Energie #Ethiopie
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 22 Janvier 2026 à 07:20

Confrontée à une demande électrique en hausse et à une forte dépendance à l’hydroélectricité, l’Éthiopie étudie depuis plusieurs années le recours à la technologie nucléaire afin de diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique, dans un contexte de croissance démographique rapide et d’ambitions industrielles accrues.

L’Éthiopie envisage la mise en service de sa première centrale nucléaire dans un délai inférieur à dix ans, selon une information relayée le 14 janvier par la presse locale dans le pays, qui cite l’Ethiopian Nuclear Energy Commission (Enec), créée en octobre 2025 avec pour mandat de piloter le développement de l’énergie nucléaire civile dans le pays, y compris les volets réglementaires, institutionnels et de sûreté.

Selon les informations rapportées par NucNet, les autorités reconnaissent qu’un programme nucléaire prend en moyenne entre 10 et 15 ans pour être réalisé. Elles citent toutefois l’exemple de la Chine, où ces délais ont été réduits, indiquant que l’Éthiopie vise un calendrier plus resserré, sans en préciser les mécanismes à ce stade, ni les technologies ou le type de réacteur envisagés.

Ce projet s’inscrit dans un contexte de contraintes structurelles du système électrique national. En décembre 2025, Sandokan Debebe, responsable de l’Enec, a rappelé, lors du lancement officiel du programme nucléaire, la forte dépendance du pays à l’hydroélectricité, qui représente environ 96 % de la production électrique totale, selon les données du Trésor public français, rendant le système particulièrement exposé aux aléas climatiques.

Dans ce cadre, les autorités présentent le recours au nucléaire comme un moyen de renforcer la sécurité énergétique, de soutenir la transformation économique et d’accroître la résilience du système énergétique à long terme, notamment en stabilisant la production de base indépendamment des conditions hydrologiques.

Une stratégie énergétique de long terme engagée depuis 2012

Depuis 2012, l’Éthiopie a lancé un plan d’extension énergétique visant à porter sa capacité électrique à 37 GW d’ici 2037, contre environ 9 761 MW en 2025, après l’inauguration du Grand barrage de la Renaissance (GERD), d’une capacité de 5 150 MW, le plus important du pays. À l’époque, la mise en œuvre de ce programme était évaluée à environ 156 milliards de dollars d’investissements sur 25 ans, mobilisant à la fois des financements publics, des partenaires bilatéraux et des bailleurs multilatéraux.

Dans ce cadre, Addis-Abeba ambitionne d’intégrer des capacités nucléaires totalisant jusqu’à 1 200 MW d’ici 2037, en complément d’un mix électrique dominé par l’hydroélectricité. L’objectif affiché est d’élargir les sources d’énergie disponibles afin de répondre aux besoins nationaux en électricité, tout en soutenant les projets d’exportation régionale d’électricité vers les pays voisins.

Ce projet s’appuie sur des accords de coopération sur l’utilisation pacifique du nucléaire signés en 2017 entre l’Éthiopie et la Rosatom. Ces accords constituent un cadre de coopération technique et institutionnelle et ne portent pas, à ce stade, sur la construction d’une centrale, mais sur la préparation du programme. En septembre 2025, un projet de centrale nucléaire incluant des études de faisabilité, la formation du personnel et le développement d’infrastructures, a également été acté avec la compagnie, dans une phase encore exploratoire du programme.

Par ailleurs, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a assuré qu’elle poursuivrait son accompagnement de l’Éthiopie tout au long de son programme nucléaire, à travers un soutien technique, le renforcement des capacités et un appui institutionnel à chaque étape, conformément au processus des “jalons” encadrant l’entrée des nouveaux pays dans le nucléaire civil.

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