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#Agriculture #Alimentaire #Economie #Raffinerie #Senegal
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mercredi 11 Février 2026 à 05:18

Au Sénégal, les huiles comestibles constituent le deuxième poste de dépense en importations de produits alimentaires après les céréales. Le gouvernement qui souhaite réduire cette dépendance aux importations, encourage les investissements du secteur privé pour renforcer la production locale.

Au Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a inauguré le 27 janvier dernier une raffinerie d’huiles végétales alimentaires, implantée sur un site de 23 hectares dans la zone portuaire de Sendou, du district de Rufisque. D’un coût total de 60 milliards de francs CFA (109,5 millions $), cette nouvelle huilerie est gérée par l’entreprise agroalimentaire Mavamar Industries SA.

Elle est dotée d’une capacité de raffinage de 600 tonnes d’huile végétale par jour, soit une production annuelle projetée pouvant atteindre environ 180 000 tonnes en fonctionnement continu. Selon les autorités, cet investissement devrait contribuer à renforcer la sécurité alimentaire et à réduire la dépendance aux importations.

« La raffinerie s’inscrit pleinement dans la vision de souveraineté économique et d’autosuffisance alimentaire prônée par le Chef de l’État. Elle permettra de transformer localement des huiles brutes [notamment issues de l’arachide, du palmier et d’autres oléagineux] en produits finis de qualité destinés au marché national et sous-régional », peut-on lire dans un communiqué publié sur le site du gouvernement.

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L’enjeu pour Mavamar sera de capter des parts sur le marché des huiles comestibles en substituant progressivement une part des importations alimentaires coûteuses. Selon les données compilées par l’Agence nationale de la statistique (Ansd), le Sénégal a importé 229 059 tonnes d’huiles et graisses en moyenne entre 2020 et 2024. Sur la même période, la facture des dépenses consacrées à ces achats s’est élevée en moyenne à près de 124 milliards de francs CFA (225,8 millions $) par an.

Un coup de pouce pour accroître la transformation de l’arachide

L’entrée en service de la raffinerie Mavamar à Sendou apporte un soutien opportun à la transformation locale de l’arachide au Sénégal, dans un contexte de fortes tensions autour de la campagne arachidière 2025/2026. Alors que la production nationale est attendue à plus de 900 000 tonnes, les capacités d’absorption de la filière notamment sur le segment de la transformation restent un sujet de préoccupation.

Le 5 janvier dernier, le gouvernement a instruit la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS), principal huilier du pays, de presque doubler sa capacité d’achat d’arachide pour la porter à 450 000 tonnes contre un objectif initial de 250 000 tonnes. Une ambition qui rend sceptiques des organisations paysannes, d’autant plus que l’entreprise publique n’a acquis qu’environ 62 000 tonnes d’arachides en deux mois depuis le début de la campagne. Les producteurs redoutent, dans ce contexte, un engorgement du marché et une pression à la baisse sur les prix, malgré la fixation d’un prix plancher de 305 francs CFA le kilogramme.

« Nous prévoyons une extension de notre capacité de trituration de graines d’arachide dès la première année », a déclaré Souleymane Ndoye, directeur général de Mavamar, dans des propos rapportés par l’Agence de presse sénégalaise (APS). Si cette nouvelle unité ne saurait, à elle seule, absorber les excédents attendus, elle contribue néanmoins à diversifier les débouchés industriels et à renforcer progressivement la transformation locale de l’arachide.

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