Face à un déficit persistant de compétences spécialisées, la Guinée mise sur la coopération académique Sud-Sud pour préparer une jeunesse capable de soutenir le développement économique et social du pays.
Le gouvernement guinéen a signé, mercredi 4 février, un partenariat stratégique avec le Maroc, concrétisé par la convention entre le Service national des bourses extérieures (SNABE) et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). La cérémonie, supervisée par Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la Présidence et président du comité stratégique de Simandou, s’inscrit dans le cadre de l’initiative Simandou Academy, volet central du Programme Simandou 2040, visant à former un capital humain d’excellence capable d’accompagner les grands projets nationaux.
La convention offre aux étudiants guinéens un accès à des formations allant de la licence au doctorat, ainsi qu’à des cursus techniques et professionnels dans des secteurs clés tels que l’ingénierie, l’agriculture moderne, le numérique, l’intelligence artificielle et les énergies renouvelables. Elle prévoit un accompagnement personnalisé, un suivi académique rigoureux et des opportunités concrètes d’insertion professionnelle. Djiba Diakité a souligné que ce partenariat « s’inscrit pleinement dans la vision stratégique du chef de l’État pour la valorisation du capital humain guinéen ».
Le projet s’inscrit dans la stratégie du président Mamadi Doumbouya, qui place la formation d’excellence au cœur de la transformation économique et sociale. Selon Abou Nabé, directeur général adjoint du SNABE, cette initiative vise « à préparer les ressources humaines capables de porter la croissance et la souveraineté économiques du pays ». En s’appuyant sur l’expertise de l’UM6P, reconnue pour la recherche appliquée et l’innovation, la Guinée espère bâtir un vivier de compétences adaptées aux besoins des secteurs stratégiques nationaux.
Ce partenariat intervient alors que le pays fait face à des défis majeurs dans la valorisation de son capital humain. D’après un dossier publié par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en 2025, le taux brut d’inscription à l’enseignement supérieur reste faible, autour de 9 % pour les hommes et 4 % pour les femmes. Par ailleurs, la Banque mondiale indique que le taux de jeunes ni en emploi, ni en éducation, ni en formation (NEET) en Guinée a atteint 34 % en 2025, soit près de 611 000 personnes.
Dans ce contexte de contraintes structurelles sur l’offre de formation et l’insertion des jeunes, le choix du Maroc comme partenaire académique apparaît stratégique. Selon le « Times Higher Education 2026 », l’UM6P compte 379 enseignants permanents, 1 300 doctorants et près de 8 800 étudiants issus de 40 nationalités, avec 55 % de femmes, et a produit plus de 6 600 publications indexées entre 2020 et 2025. L’université figure dans le Top 400 mondial et propose des programmes intégrant sciences appliquées, ingénierie et entrepreneuriat.




















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