Le pétrole représente environ 62 % des revenus d’exportation du Nigeria et constitue une source majeure de recettes publiques, que les autorités cherchent à accroître grâce à de nouveaux investissements.
Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient remettent au premier plan la question de la diversification de l’offre pétrolière mondiale, le Nigeria affirme pouvoir jouer un rôle plus important dans l’approvisionnement international en hydrocarbures.
Dans une interview accordée à Reuters le 11 mars, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Maitama Tuggar, a appelé les producteurs de pétrole et de gaz du Golfe à considérer le Nigeria comme un partenaire stratégique et à investir davantage dans son secteur énergétique.
« C’est conforme à ce que nous avons toujours défendu : que les pays qui pourraient nous considérer comme des concurrents s’associent à nous et investissent pour diversifier leurs parts de marché », a déclaré Tuggar.
Selon le ministre, le Nigeria dispose de réserves d’hydrocarbures encore sous-exploitées susceptibles de contribuer à l’offre des marchés internationaux. Il a ainsi appelé les investisseurs à financer l’exploration, le développement des champs pétroliers et les infrastructures pour soutenir la production pétrolière du pays.
D’après les données de la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC) publiées en février 2026, le secteur pétrolier nigérian a généré 55,5 billions de nairas de recettes brutes en 2025 (environ 37 milliards USD), contre 50,88 billions de nairas en 2024 (environ 34 milliards USD). Ces revenus reposent sur une production moyenne de 1,45 million de barils par jour et un prix moyen de 72,08 dollars le baril.
Ces propos interviennent alors que les tensions au Moyen-Orient perturbent les expéditions de pétrole, notamment autour du détroit d’Ormuz, une route maritime majeure pour le commerce mondial d’hydrocarbures. Cette zone voit transiter environ un cinquième du pétrole consommé à travers le monde, selon l’Energy Information Administration (EIA).
Abuja cherche ainsi à renforcer la coopération énergétique avec de potentiels partenaires internationaux. Le Nigeria a signé en janvier dernier un accord de partenariat économique global avec les Émirats arabes unis afin de stimuler les échanges et les investissements bilatéraux. Des investisseurs liés au Qatar ont également annoncé des projets d’investissement dans le secteur gazier du pays.
Premier producteur africain de pétrole, avec une production moyenne de 1,64 million de barils par jour sur les onze premiers mois de 2025, le Nigeria vise le doublement de sa production d’ici 2030.




















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