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#Aquaculture #Economie #Investissements #Peche #Kenya
Agence Ecofin
24 juillet 2026 Dernière mise à jour le Vendredi 24 Juillet 2026 à 17:34

Au Kenya, l’aquaculture représente environ 20 % de l’approvisionnement local en poissons. La croissance des capacités de production attire de nouveaux investissements dans les maillons stratégiques de la chaîne de valeur, comme celui des aliments pour poissons.

Au Kenya, l’entreprise Maxim Agri & Samakgro prévoit d’injecter près de 3,95 millions $ dans la construction d’une unité de production d’aliments aquacoles au sein du Green Energy Park d’Olkaria, dans le comté de Naivasha.

Selon un communiqué publié le 17 juillet dernier l’installation affichera une capacité de production de 8 tonnes d’aliments pour poissons par heure et sera alimentée par 3 mégawatts d’énergie géothermique fournie par la Kenya Electricity Generating Company (KenGen), principale société de production d’électricité du pays.

Pour l’heure, les détails concernant la date de lancement des travaux et le calendrier de réalisation ne sont pas encore connus. Cet investissement intervient dans un contexte d’accélération des projets liés aux intrants aquacoles dans le pays.

Déjà en novembre 2025, DiscoverAqua, une coentreprise germano‑kenyane, avait dévoilé un projet de construction d’une unité de fabrication d’aliments aquacoles, prévue pour être opérationnelle au cours du troisième trimestre 2026. Il est prévu que l’infrastructure, implantée à Athi River, dans le comté de Machakos soit dotée d’une capacité de production de plus de 20 tonnes par heure d’aliments aquacoles.

Un contexte de développement rapide de l’aquaculture kenyane

La multiplication des projets de production d’aliments aquacoles s’inscrit dans un contexte où la demande sur le marché domestique est appelée à progresser davantage avec l’expansion de la pisciculture dans le pays.

Selon l’Agence kenyane des pêches (KeFS), la production aquacole a plus que doublé depuis 2017 passant de 12 635 tonnes à 33 423 tonnes en 2024 et les derniers développements du secteur laissent entrevoir la poursuite de cette tendance au cours des prochaines années.

Par exemple, l’entreprise aquacole Victory Farms prévoit l’installation prochaine d’une nouvelle ferme piscicole sur le lac Victoria, selon les informations relayées le 16 mars dernier par le quotidien local Business Daily. D’après le rapport d’étude d’impact environnemental et social soumis à l’Autorité nationale de gestion de l’environnement (NEMA), le coût du projet est estimé à 750 millions de shillings kenyans (5,7 millions $) et il vise à produire du tilapia en cages flottantes, avec un potentiel annuel de 30 000 tonnes dans le comté de Migori.

Alors que les capacités de production se développent, la disponibilité d’aliments de qualité et à des prix compétitifs devient donc un enjeu central pour accompagner la croissance du secteur.

Le défi de rendre la pisciculture plus rentable

Au Kenya comme dans la majorité des pays africains, le coût élevé de l’alimentation des poissons constitue l’un des principaux obstacles au développement de l’aquaculture. Selon un rapport publié en janvier 2026 par le Forum économique mondial (WEF), les difficultés d’approvisionnement en aliments pour poissons entraînent des coûts de production aquacole supérieurs de 10 à 20 % à la moyenne mondiale.

« L’alimentation représente 70 à 80 % du coût total, contre environ 60 % au niveau mondial. Ces coûts élevés s’expliquent par une forte dépendance aux aliments pour poissons conventionnels, souvent importés en raison du manque de capacités locales de production, composés de tourteau de soja [également essentiel pour la consommation humaine] et de farine de poisson [issue de la pêche sauvage] », peut-on lire dans le rapport.

Dans ce contexte, développer une production locale d’aliments pour poissons apparaît comme un levier pour améliorer la compétitivité des élevages. Selon les responsables du projet de Naivasha, le recours à l’énergie géothermique du parc d’Olkaria devrait permettre de réduire les coûts opérationnels de l’unité et de proposer des aliments plus accessibles aux producteurs.

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