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#Financement #Logement #Urbanisme #RDC
Agence Ecofin
28 octobre 2026 Dernière mise à jour le Mercredi 28 Octobre 2026 à 10:54

La croissance rapide des villes congolaises accentue les besoins en logements, en eau potable, en électricité et en transports. Le gouvernement veut coordonner ces investissements dans un programme décennal couvrant plusieurs grandes agglomérations et villes secondaires.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) ambitionne de mobiliser jusqu’à 16,5 milliards de dollars sur dix ans pour soutenir la mise en œuvre de son Plan décennal de l’urbanisme et de l’habitat 2026-2035. Présentée le 14 octobre 2026 par le ministre d’État chargé de l’Urbanisme et de l’Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi (photo), cette stratégie de financement repose notamment sur les partenariats public-privé (PPP), les concours des bailleurs internationaux et les ressources publiques. L’objectif est de financer un ensemble d’interventions destinées à améliorer l’accès au logement, aux services urbains et aux infrastructures dans plusieurs villes du pays.

Le plan ambitionne notamment de faciliter l’accès à des logements décents pour 500 000 ménages, de constituer 62 000 hectares de réserves foncières et d’adopter 26 plans directeurs d’urbanisme d’ici 2035. Il prévoit également de porter le taux d’accès à l’eau potable en milieu urbain de 52 % à 80 % et celui de l’électricité de 45 % à 75 %, tout en améliorant l’assainissement et la mobilité urbaine.

Le programme cible plusieurs villes. Des grandes agglomérations comme Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Goma sont citées tout comme des villes de plus petites tailles comme Mbuji-Mayi, Kolwezi, Kananga, Tshikapa, Likasi ou Matadi.

Acteurs privés et bailleurs au centre du financement

Pour financer ce programme, le gouvernement entend notamment mobiliser 6 milliards de dollars à travers les PPP. Ce mécanisme doit permettre d’associer des investisseurs privés au financement et à la réalisation d’infrastructures urbaines, notamment dans les transports, l’assainissement et l’aménagement des villes.

Le ministère prévoit également de rechercher 5,6 milliards de dollars auprès des bailleurs internationaux. Une contribution de 2 milliards de dollars du Trésor public est aussi envisagées, dont 1,36 milliard de dollars provenant des taxes d’urbanisme.

Pour accompagner la structuration financière du programme, le ministère s’appuie sur Carousel Finance, présentée comme son mandataire. Cette société intervient également dans le projet d’extension urbaine de Kinshasa, connu sous le nom de Kia Kinshasa Mona. La portée exacte de son mandat dans le cadre du plan décennal reste toutefois à préciser.

Un second mécanisme de financement concerne plus particulièrement le logement. Il doit notamment reposer sur l’autoconstruction encadrée, les lignes de crédit bancaire et des ressources parafiscales liées aux matériaux de construction.

Dans ce dispositif, la future Banque de l’Habitat, envisagée à partir de la transformation du Fonds national de l’habitat (FONHAB), devrait contribuer à la mobilisation de l’épargne, à la garantie des prêts et au refinancement du crédit immobilier. Sa mise en place effective constituera une étape importante pour rendre ces mécanismes accessibles aux ménages et aux promoteurs immobiliers.

Kinshasa au cœur du programme

Le ministère prévoit parallèlement de renforcer les outils administratifs, notamment par la digitalisation du Guichet unique de délivrance des permis de construire (GUPEC), afin de simplifier les procédures et d’améliorer la mobilisation des recettes liées à l’urbanisme.

Les 16,5 milliards de dollars recherchés doivent financer plusieurs catégories d’investissements. La principale enveloppe, estimée à 6,4 milliards de dollars, concerne la mise en œuvre du Schéma d’orientation stratégique de l’agglomération kinoise (SOSAK) et du Plan directeur des transports urbains de Kinshasa (PDTK). Les investissements envisagés portent notamment sur l’assainissement, les transports rapides par bus et les infrastructures ferroviaires urbaines.

Quatre milliards de dollars sont prévus pour les villes secondaires et les corridors économiques stratégiques, notamment ceux de Lobito, d’Inga-Banana et de la paix. Une autre enveloppe de 3 milliards de dollars est destinée aux grandes agglomérations, dont Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani et Goma.

Le programme réserve également 2,3 milliards de dollars au logement et au déploiement de la future Banque de l’Habitat, ainsi que 750 millions de dollars à la lutte contre les érosions et au renforcement de la résilience urbaine. Enfin, 6,9 millions de dollars sont annoncés pour la gouvernance, la planification et le suivi-évaluation.

Des études préalables pour attirer les investisseurs

La mobilisation des financements dépendra notamment de la capacité du gouvernement à présenter des projets techniquement définis et financièrement viables. Des études techniques, économiques et financières sont prévues pour identifier les infrastructures prioritaires, évaluer les besoins en logements et en services essentiels et déterminer les montages financiers adaptés à chaque projet.

La concertation du 14 octobre a réuni plusieurs entreprises et cabinets spécialisés dans l’aménagement urbain, la topographie, les données géospatiales, l’ingénierie, l’audit et le conseil juridique. Ces échanges doivent contribuer à la préparation des projets et à la structuration des partenariats nécessaires à leur financement.

Au-delà de la recherche de ressources, la mise en œuvre du plan soulève également un enjeu de coordination. Plusieurs secteurs et infrastructures ciblés font déjà l’objet de programmes publics engagés ou en préparation en RDC. Il reste donc à déterminer dans quelle mesure les 16,5 milliards de dollars annoncés correspondent à de nouveaux besoins de financement ou intègrent des investissements déjà programmés.

Cette clarification, tout comme la confirmation des engagements financiers des partenaires, sera déterminante pour apprécier la portée réelle du plan décennal et sa capacité à se traduire en réalisations d’ici 2035.

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