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Agence Ecofin
31 octobre 2026 Dernière mise à jour le Samedi 31 Octobre 2026 à 13:10

La Russie dispose d'une longue expérience dans le secteur spatial, de la conception de lanceurs aux missions orbitales. Plusieurs pays africains, dont l'Angola, l'Algérie, l'Égypte, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, se sont déjà rapprochés de Moscou pour développer leur coopération dans ce domaine.

La Tanzanie veut s’appuyer sur l’expertise russe pour accélérer le développement de son secteur spatial. Les deux parties ont signé, le 28 octobre, un mémorandum-cadre de partenariat stratégique et de coopération dans ce domaine vu par les autorités tanzaniennes comme un facteur de développement socio-économique.

Le mémorandum a été conclu entre l’agence spatiale russe Roscosmos et le ministère tanzanien de l’Information, de la Communication et des Technologies de l’information, selon des informations rapportées par le média russe RT et la presse locale tanzanienne. La signature est intervenue en marge du sommet Russie-Afrique, organisé à Moscou du 28 au 30 octobre.

L’appui russe au développement du secteur spatial

Le premier volet de la coopération concerne la mise en place d’un cadre institutionnel. La Russie propose d’apporter une assistance technique et méthodologique à la Tanzanie pour créer sa propre agence spatiale nationale. Cette structure doit permettre au pays de coordonner ses programmes et de mieux organiser ses activités dans le domaine spatial, selon Dmitri Bakanov, directeur général de Roscosmos, cité par RT.

L’accompagnement russe doit aussi se traduire par le développement des capacités satellitaires du pays. Roscosmos prévoit de mettre en orbite le premier satellite tanzanien d’observation de la Terre en mars 2027, à bord d’une fusée russe. Les deux parties envisagent également l’installation de stations terrestres en Tanzanie pour recevoir et partager les données satellitaires. À plus long terme, Dodoma souhaite développer ses propres engins spatiaux et pouvoir les lancer à l’aide des fusées russes. Les caractéristiques techniques, le fabricant et le coût du premier satellite annoncé n’ont toutefois pas encore été précisés.

Cette coopération doit enfin favoriser le transfert de compétences. Les spécialistes russes ont présenté à la délégation tanzanienne leurs dispositifs de formation aux métiers du spatial, qui couvrent notamment la préparation des cosmonautes, les expériences scientifiques en orbite et la formation d’ingénieurs. La Tanzanie prévoit de son côté d’augmenter le nombre d’étudiants inscrits dans les filières spatiales des universités russes. Pour suivre ces différents chantiers, les deux pays ont convenu de créer des groupes de travail conjoints chargés d’élaborer des feuilles de route.

La Tanzanie structure son programme spatial

Ce rapprochement avec Moscou s’inscrit dans une stratégie nationale déjà engagée. En février 2026, le gouvernement tanzanien a présenté un plan quinquennal pour les programmes spatiaux, couvrant la période 2025-2030 et intitulé « From Mount Kilimanjaro, the Peak of Africa, to Space ». Le document prévoit la mise en place d’un cadre institutionnel et réglementaire, le développement des compétences et de la recherche, le renforcement de la coopération internationale et la promotion des applications spatiales dans l’économie.

La structuration du secteur passe aussi par l’élaboration de nouveaux textes. Le gouvernement prépare une politique spatiale nationale et une loi sur l’espace pour 2026. Ces instruments doivent définir les règles encadrant les activités spatiales et favoriser une participation accrue des institutions et des chercheurs tanzaniens aux projets du secteur.

En parallèle, le pays cherche à familiariser ses universités avec la conception et l’utilisation des satellites. Le ministère de la Communication et des Technologies de l’information collabore ainsi avec St Joseph University of Tanzania et Tumaini University sur des projets de satellites destinés à la formation et à la recherche. La Tanzanie participe également au programme KiboCube, développé avec le Bureau des Nations unies pour les affaires spatiales (UNOOSA) et l’agence spatiale japonaise JAXA. Dans ce cadre, des équipes universitaires tanzaniennes et ivoiriennes travaillent sur le nanosatellite TanSat-1.

Des retombées attendues dans plusieurs secteurs clés

Les autorités tanzaniennes attendent des technologies spatiales des applications dans plusieurs secteurs économiques. Dans une présentation publiée en septembre 2023 auprès du Bureau des Nations unies pour les affaires spatiales (UNOOSA), le pays identifie notamment l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’exploitation minière, la gestion des ressources en eau et la surveillance environnementale parmi les domaines dans lesquels les données satellitaires peuvent être utiles.

Dans l’agriculture, ces technologies peuvent servir à suivre l’évolution des cultures, à surveiller les conditions météorologiques et à anticiper les risques de sécheresse ou d’inondation. Le Fonds international de développement agricole (FIDA) illustre cet intérêt à travers le projet SAT-CARE, lancé avec la Chine en mai 2025. Doté de 2,268 millions de dollars, le programme prévoit de développer des solutions satellitaires au service de l’agriculture résiliente au climat et de bénéficier directement à 5 000 petits exploitants agricoles.

La surveillance des risques climatiques constitue un autre débouché. Dans son rapport sur le climat et le développement en Tanzanie, la Banque mondiale estime que les effets du changement climatique pourraient réduire la croissance économique du pays de 4 % d’ici 2050 en l’absence de mesures d’adaptation. Les données satellitaires peuvent contribuer à améliorer le suivi des zones exposées et les systèmes d’alerte précoce.

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