Au Nigeria, le secteur agricole contribue à hauteur de 25 % au PIB et emploie environ 34 % de la population active. Alors que l’agriculture reste encore majoritairement pluviale, le gouvernement souhaite développer l’irrigation pour réduire la vulnérabilité de son système de production à la variabilité du climat.
Au Nigeria, Joseph Terlumun Utsev, ministre des Ressources en eau et de l’Assainissement, a donné le 10 mars dernier le coup d’envoi d’un projet baptisé « Sustainable Power and Irrigation for Nigeria » (SPIN). D’un coût total de 500 millions $ financé par la Banque mondiale, cette initiative vise notamment à renforcer le développement de l’irrigation, améliorer la sécurité des barrages et étendre la production d’énergie durable.
Dans un communiqué publié sur son site, le ministère de l’Information indique qu’une partie de l’enveloppe sera consacrée à la réhabilitation d’environ 40 000 hectares de terres irriguées, ainsi qu’à l’amélioration de la gestion des infrastructures hydrauliques et des ressources en eau. « L’initiative aidera le Nigeria à passer d’une agriculture pluviale à des systèmes d’irrigation résilients face au climat, capables de soutenir une production agricole toute l’année, avec un suivi et une gestion efficaces », a déclaré M. Utsev.
« Le projet SPIN renforcera davantage le développement de l’irrigation, améliorera les institutions de gestion de l’eau, favorisera le développement hydroélectrique et attirera les investissements du secteur privé dans les chaînes de valeur de l’irrigation et de l’agriculture », a déclaré pour sa part Saroj Kumar Jha, Directeur monde du département de l’eau du Groupe de la Banque mondiale.
Au-delà des investissements dans les infrastructures, les autorités entendent promouvoir une gestion plus participative des systèmes d’irrigation en impliquant les agriculteurs dans l’entretien des installations pour garantir la durabilité. Il est prévu que le SPIN bénéficie à près de 950 000 personnes, comprenant des ménages, des agriculteurs et des éleveurs à travers le pays.
Un potentiel encore sous-exploité
Selon les responsables du projet, ce nouvel investissement s’aligne sur les ambitions du gouvernement d’étendre la superficie irriguée à 500 000 hectares d’ici 2030. En comparaison, les données compilées par la FAO montrent par exemple qu’environ 331 000 hectares étaient équipés pour l’irrigation dans le pays en 2023.
Et pourtant, le pays dispose d’un potentiel considérable. Selon les données officielles, le Nigeria dispose de 3,14 millions d’hectares de terres irrigables, ce qui suggère qu’actuellement moins de 20 % de ce potentiel est utilisé. L’enjeu de développer l’irrigation est d’autant plus stratégique que le gouvernement cible l’autosuffisance dans des cultures stratégiques pour la sécurité alimentaire comme le riz et veut réduire sa dépendance aux importations alimentaires.
Le Nigeria s’impose en effet comme le 5ème pays qui dépense le plus pour les importations de produits alimentaires en Afrique après l’Égypte, l’Algérie, le Maroc et l’Afrique du Sud. Dans un rapport publié en 2025, la CNUCED indique que le pays le plus peuplé du continent a importé pour près de 5,59 milliards $ de produits alimentaires en moyenne par an entre 2021 et 2023. Parmi les principaux postes de dépenses figurent notamment les céréales comme le blé et le riz, les huiles comestibles ou encore le sucre.




















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