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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Dimanche 5 Juillet 2026 à 06:45

Pendant longtemps, l’essor du marché automobile kényan a surtout profité aux constructeurs étrangers. Face au poids croissant des importations dans sa balance commerciale, Nairobi cherche désormais à faire du secteur un levier d’industrialisation et de création de valeur locale.

Le Kenya a acté un nouveau mécanisme de financement de 22,1 milliards de shillings kényans (170,5 millions USD) avec le Japon. Soutenu par Nippon Export and Investment Insurance (NEXI), l’accord vise à renforcer les capacités locales de production automobile, et à accélérer la montée en puissance d’un secteur désormais considéré comme stratégique pour la diversification de l’économie.

L’initiative s’inscrit dans le prolongement des engagements pris lors de la visite d’État du président kényan au Japon en 2024. A cette occasion, plusieurs accords de coopération économique avaient été annoncés, dont un partenariat avec Toyota portant sur le développement d’activités d’assemblage de véhicules. Dans ce cadre, le constructeur japonais avait prévu un investissement initial de 800 millions de shillings kenyans dans les installations de Kenya Vehicle Manufacturers (KVM), situées à Thika.

L’objectif est de renforcer les capacités locales d’assemblage dans un pays qui cherche à réduire sa dépendance aux importations de véhicules d’occasion, principal mode d’approvisionnement du marché national. Actuellement le parc automobile kényan est en grande partie constitué de véhicules d’occasion importés. Depuis plusieurs années, les autorités tentent de faire évoluer ce modèle. Le plan stratégique du secteur automobile présenté en 2019 fixe un objectif de 50 000 véhicules assemblés localement par an à l’horizon 2030.

La stratégie pour y parvenir prévoit la mise en place de plusieurs mesures. Les véhicules assemblés localement bénéficient ainsi d’un régime fiscal plus favorable que les véhicules d’occasion importés, soumis à des droits plus élevés. Parallèlement, des zones économiques spéciales ont été développées afin d’attirer les constructeurs internationaux et leurs sous-traitants.

L’écosystème reste néanmoins dominé par des unités d’assemblage de taille modeste. Associated Vehicle Assemblers (AVA), à Mombasa, produit notamment des camions, bus et pick-ups pour des marques comme Mitsubishi, Hyundai ou Tata. Kenya Vehicle Manufacturers assemble pour sa part différents modèles de véhicules utilitaires, notamment dans le cadre de partenariats avec des constructeurs internationaux.

Malgré ces avancées, la concrétisation des ambitions kényanes pourrait encore dépendre de plusieurs facteurs, notamment le développement d’un réseau local de sous-traitants, l’amélioration des infrastructures industrielles et logistiques, ainsi que l’accès à une main-d’œuvre qualifiée. Le pays devra également trouver un équilibre entre la protection de la production nationale et la forte demande pour les véhicules d’occasion importés, souvent plus abordables pour les ménages.

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