Face à un chômage des jeunes qui freine sa transformation économique, le Kenya renforce son dispositif public de financement de l’entrepreneuriat, avec une nouvelle vague de versements attendue dans l’ensemble de ses 47 comtés.
À Nairobi, le gouvernement a annoncé un nouveau décaissement du programme National Youth Opportunities Towards Advancement (NYOTA). D’après des informations publiées cette semaine par le ministre de l’Intérieur Kithure Kindiki sur son compte X, le dispositif financera la deuxième tranche de capital de démarrage à partir du 27 juin 2026. Financée par la Banque mondiale à hauteur de 229 millions USD sur cinq ans, cette initiative publique vise à soutenir la création d’entreprises par des jeunes Kényans.
Piloté par la Micro and Small Enterprise Authority (MSEA), le programme NYOTA cible les jeunes de 18 à 29 ans, et jusqu’à 35 ans pour les personnes handicapées. Il comprend quatre volets : employabilité, entrepreneuriat, épargne et renforcement institutionnel. Concrètement, chaque bénéficiaire reçoit un capital de démarrage après une formation entrepreneuriale et un accompagnement. Une partie des fonds alimente un compte d’épargne obligatoire, géré par le Fonds national de sécurité sociale (NSSF). Pour deux shillings épargnés, le mécanisme NYOTA crédite un shilling supplémentaire, dans la limite de 3000 shillings (≈ 23 USD).
L’objectif affiché dépasse le travail indépendant. Le gouvernement entend former des créateurs d’emplois. « Ces initiatives doivent faire des jeunes des moteurs de la croissance », souligne Salim Mvurya, secrétaire de cabinet du ministère de la Jeunesse, de l’Économie créative et du Sport, qui rattache explicitement le programme à l’agenda économique du président William Ruto.
Le programme cible 820 000 jeunes sans emploi stable, titulaires du certificat de fin d’études secondaires du premier cycle. Selon le Bureau national de statistiques, 89 % des jeunes actifs kényans travaillent dans le secteur informel. La Banque mondiale chiffrait par ailleurs à 15,25 % le taux de chômage des 15–24 ans en 2025. D’ici 2030, la population kényane devrait atteindre 63,9 millions d’habitants, dont 22,3 millions âgés de 15 à 34 ans, ce qui accentue la pression sur un marché du travail déjà précaire.























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