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#Investissements #Mobilite #Transport #Kenya
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 25 Juin 2026 à 06:58

Face à la croissance du trafic aérien en Afrique de l’Est, les principaux pays de la sous-région multiplient les investissements dans leurs infrastructures aéroportuaires. Le Kenya relance un projet stratégique destiné à renforcer la compétitivité de Nairobi comme hub régional.

Face à la croissance du trafic aérien en Afrique de l’Est, les principaux pays de la sous-région multiplient les investissements dans leurs infrastructures aéroportuaires. Le Kenya relance un projet stratégique destiné à renforcer la compétitivité de Nairobi comme hub régional.

Les travaux d’extension de l’aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA) de Nairobi ont été attribués à la China Communications Construction Company (CCCC), selon plusieurs médias locaux et internationaux. Cette attribution marque une avancée dans la mise en œuvre d’un projet retardé depuis plusieurs années, alors que la principale plateforme aéroportuaire du Kenya fonctionne désormais au-delà de sa capacité nominale.

L’attribution du contrat est évoquée après la création du Fonds national d’infrastructure (National Infrastructure Fund – NIF), alimenté notamment par les recettes issues de la privatisation de Kenya Pipeline Company (KPC). Ce mécanisme a permis de lever le principal obstacle qui freinait jusque-là le projet, celui du financement.

Un projet relancé après l’échec de l’option Adani

Avant cette option, Nairobi avait exploré une autre piste de financement. En 2024, le gouvernement avait engagé des discussions avec le groupe indien Adani pour un investissement estimé à 1,85 milliard USD, et destiné à agrandir et moderniser l’aéroport, en contrepartie d’une concession de 30 ans.

Le projet avait toutefois suscité une forte opposition des syndicats et employés de l’aéroport, qui en jugeaient les clauses défavorables aux intérêts nationaux. Sous l’effet de cette contestation, et dans un contexte de pressions croissantes du département de la Justice des États-Unis à l’encontre du conglomérat indien, les accords préliminaires ont finalement été annulés en novembre.

La nouvelle relance se profile alors que les infrastructures atteignent leurs limites. Conçu pour accueillir 8 millions de voyageurs par an, JKIA en a traité près de 8,8 millions en 2025, ce qui a accentué la congestion aux heures de pointe et affecté la qualité de service.

Une course sous-régionale aux grands hubs aériens

L’extension de JKIA s’inscrit dans un plan directeur couvrant la période 2025-2045. Celui-ci prévoit un développement progressif des infrastructures, un calendrier d’investissements, ainsi que des projections de rentabilité financière à long terme.

Selon les détails dévoilés en février dernier par la Kenya Civil Aviation Authority (KCAA), le projet doit permettre d’ajouter une capacité supplémentaire de 15 millions de voyageurs, notamment avec la construction d’un nouveau terminal. Une nouvelle piste est également prévue d’ici 2029, afin de porter la capacité opérationnelle à environ 63 mouvements d’aéronefs par heure, contre 14 actuellement.

Le Kenya n’est toutefois pas le seul pays d’Afrique de l’Est à investir massivement dans ses infrastructures aéroportuaires. La sous-région est engagée dans une compétition croissante pour s’imposer comme la principale porte d’entrée aérienne du continent. Au Rwanda, les travaux du nouvel aéroport international de Bugesera se poursuivent, avec une capacité cible de 14 millions de voyageurs par an, dont 7 millions dès la première phase. Sa mise en service est attendue pour 2027.

En Tanzanie, la capacité de l’aéroport international Julius Nyerere de Dar es-Salaam a été portée à 8 millions de voyageurs annuels, tandis que des travaux de modernisation se poursuivent, notamment sur le terminal 2. L’Éthiopie a, de son côté, lancé en janvier 2026 la construction de l’aéroport de Bishoftu, appelé à devenir l’un des plus grands du monde, avec une capacité projetée d’environ 110 millions de voyageurs par an.

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