Alors que le trafic aérien africain poursuit sa croissance et que plusieurs compagnies du continent ambitionnent d'élargir leur présence à l'international, les exigences de conformité et de supervision demeurent un défi majeur sur de nombreux marchés.
Alors que le trafic aérien africain poursuit sa croissance et que plusieurs compagnies du continent ambitionnent d’élargir leur présence à l’international, les exigences de conformité et de supervision demeurent un défi majeur sur de nombreux marchés.
La Commission européenne a publié le 9 juin, une nouvelle mise à jour de sa liste de sécurité aérienne, qui recense les compagnies aériennes interdites d’exploitation dans l’espace aérien de l’Union européenne. La principale évolution de cette révision concerne l’inscription de la compagnie algérienne Air Express Algeria, désormais sujette à une interdiction totale d’opérer des vols à destination, au départ ou à l’intérieur de l’UE.
Instaurée en 2006, cette liste vise les transporteurs ne respectant pas les normes internationales de sécurité aérienne. Les sanctions peuvent résulter soit de lacunes dans la supervision exercée par l’autorité de l’aviation civile du pays concerné, soit de défaillances graves constatées au niveau d’une compagnie spécifique.
Contrairement à d’autres pays dont l’ensemble des transporteurs sont frappés d’interdiction, l’Algérie ne fait pas l’objet d’une sanction globale. L’inscription d’Air Express Algeria traduit toutefois l’identification, par les instances européennes, de manquements particuliers aux exigences internationales de sécurité pour cet opérateur.
Cette nouvelle actualisation confirme que de nombreux transporteurs africains demeurent exclus du marché aérien du Vieux continent, reflétant les défis persistants auxquels font face plusieurs autorités nationales en matière de supervision réglementaire.
Plusieurs pays africains toujours sous interdiction totale
Dans l’Annexe A de la liste européenne, qui regroupe les compagnies faisant l’objet d’une interdiction totale d’exploitation, figurent des transporteurs certifiés dans plusieurs pays africains. En Afrique orientale et dans la Corne du continent, la Tanzanie reste concernée, avec sa compagnie nationale Air Tanzania ainsi que plusieurs opérateurs domestiques. Le Soudan, Djibouti et l’Érythrée demeurent également sous le coup de restrictions généralisées.
En Afrique centrale, tous les transporteurs certifiés en République démocratique du Congo, en République du Congo et en Guinée équatoriale restent interdits d’exploitation en Union européenne. En Afrique de l’Ouest, le Liberia et la Sierra Leone restent entièrement bannis, tandis que São Tomé-et-Príncipe ainsi que la Libye complètent la liste.
Quelques exceptions notables
Certains pays bénéficient néanmoins d’exemptions partielles. En Angola, plusieurs compagnies demeurent interdites, mais TAAG Angola Airlines et Heli Malongo continuent d’être autorisées à opérer vers l’Europe, sous certaines conditions. Au Zimbabwe, l’interdiction vise spécifiquement Air Zimbabwe, d’autres opérateurs du pays n’étant pas concernés.
Selon les données publiées par la Commission européenne, 89 compagnies africaines figurent actuellement sur la liste de sécurité aérienne de l’UE, sur un total de 126 transporteurs issus de 16 pays. Cette mise à jour survient dans un contexte où la question de la sécurité aérienne reste un enjeu majeur pour le continent.
D’après le rapport 2025 de l’Association du transport aérien international (IATA), le risque d’accident en Afrique demeure près de 8 fois supérieur à la moyenne mondiale. Si les indicateurs de sécurité affichent une amélioration par rapport à la moyenne des cinq dernières années, l’Afrique subsaharienne reste la région présentant les performances les plus faibles en matière de sécurité aérienne.























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