Au Ghana, les autorités veulent atteindre 100 % d’accès à l’électricité d’ici 2030. Le pays entend mettre à contribution aussi bien les énergies fossiles que les énergies renouvelables.
Le groupe chinois Shenzhen Energy prévoit d’investir 34 millions $ dans la construction d’une centrale photovoltaïque de 50 MW au Ghana, via sa filiale Sunon Asogli Power. Selon des détails relayés par Reuters, le projet doit être implanté dans le district de Central Gonja, dans la région de Savannah, et s’inscrit dans une stratégie plus large de développement des actifs électriques du groupe dans le pays.
Un nouveau coup de pouce pour un segment dynamique
La nouvelle centrale solaire de 50 MW annoncée par Shenzhen Energy devrait renforcer davantage une industrie solaire encore modeste au Ghana. Selon les données de l’IRENA, les capacités installées sont passées de 37 MW en 2016 à 186 MW en 2025. Malgré cette progression, le solaire ne représente encore qu’une part limitée de la production électrique du pays, soit moins de 5 %, loin derrière l’hydroélectricité et surtout le thermique.
Face à cette situation, les autorités multiplient depuis plusieurs années les projets de centrales solaires, souvent en partenariat avec des producteurs indépendants d’énergie. En novembre dernier, le Ghana a ainsi lancé la construction de sa plus grande centrale solaire photovoltaïque, le « Norbert Anku Sola Park », d’une capacité de 200 MW.
Située dans la zone industrielle spéciale de Dawa, dans la région du Grand Accra, l’installation ambitionne d’atteindre 1 GW de capacité d’ici 2032. Elle est développée par Solar for Industries Ltd., une filiale du conglomérat ghanéen LMI Holdings, en deux phases de 100 MW chacune. La première devrait être achevée en décembre 2026, tandis que la seconde devrait être raccordée au réseau neuf mois plus tard.
Au-delà des grandes centrales, les autorités misent également sur le solaire décentralisé, à travers les mini-réseaux, les systèmes hors réseau et les installations sur toiture, afin de mieux répondre aux besoins des localités isolées. En octobre 2025, le pays a lancé un programme d’environ 200 millions de dollars destiné à financer l’installation de panneaux solaires sur les toits à l’échelle nationale. Ce dispositif prévoit environ 4 000 installations photovoltaïques, pour une capacité totale de 137 MW.
Plus tôt, en juillet 2024, Helios Solar Company, filiale de LMI Holdings, avait déjà lancé la construction d’une installation solaire en toiture de 17 millions de dollars dans la zone franche industrielle de Tema, en périphérie d’Accra. D’une capacité de 16,8 MW, ce projet devrait devenir la plus grande installation de ce type en Afrique et permettre de réduire les émissions de carbone de plus de 10 000 tonnes par an sur le site industriel.
Des enjeux énergétiques importants
Cette annonce de Shenzhen Energy intervient dans un contexte global où les autorités veulent augmenter les capacités électriques tout en diversifiant leurs sources d’approvisionnement et en limitant leur dépendance aux énergies fossiles. Dans un pays où le taux d’accès à l’électricité a frôlé les 90 % en 2024, soit l’un des niveaux les plus élevés d’Afrique subsaharienne, l’ambition est notamment d’installer 3 000 MW de projets solaires d’ici à 2030.
Dans le cadre du National Energy Transition Framework, publié en 2023 par le ministère de l’Énergie et l’Energy Commission of Ghana, les autorités estimaient le potentiel solaire du pays à 35 000 MW.























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