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Agence Ecofin
2 juin 2021 Dernière mise à jour le Mercredi 2 Juin 2021 à 09:43

Dans la lignée de plusieurs leaders africains, dont le président Alassane Ouattara, le ministre ivoirien des Finances a appelé à lever les droits de propriété sur les vaccins. Selon lui, avant la fin 2021, l’Afrique peut réussir à vacciner 40% de sa population si elle est soutenue par la communauté internationale.

Dans une interview accordée à la chaîne d’information France 24, Adama Coulibaly est revenu sur les récents sommets internationaux qui ont eu lieu à Paris et Rome, respectivement sur le financement des économies africaines et sur la santé mondiale.

Répondant aux questions des journalistes, le ministre ivoirien des Finances a appelé à intensifier les actions pour aider les pays africains à accélérer la vaccination de leurs populations contre la covid-19.

« Il faut effectivement régionaliser la production de vaccins pour qu’on ait plus de vaccins disponibles pour les populations », a déclaré le responsable.

Selon lui, le continent africain doit disposer de ses propres centres de fabrication de vaccins contre le virus, afin de combler son retard par rapport aux autres continents.

Pour ce faire, il appelle dans un premier temps la communauté internationale et le Fonds monétaire international (FMI) à augmenter substantiellement l’aide qu’ils apportent aux pays africains dans le cadre de leurs campagnes de vaccination.

« Aujourd’hui, c’est 25 milliards de dollars qui sont mis à disposition. Si on passe à 50 milliards de dollars, on pourra effectivement doubler le nombre de personnes vaccinées d’ici la fin de l’année », déclare-t-il.

D’un autre côté, Adama Coulibaly indique qu’il faudra lever l’obstacle des brevets et droits de propriété qui empêchent une « libéralisation » de la production des vaccins à l’échelle mondiale.

Défendue depuis la fin 2020 par plusieurs pays du Sud, avec à leur tête l’Afrique du Sud et l’Inde, cette stratégie est au centre des débats et oppose même entre eux les pays riches qui monopolisent la production de vaccins.

En effet, si le président américain Joe Biden a ouvertement soutenu la levée des brevets sur les vaccins produits contre la covid-19, sa position a été accueillie avec scepticisme par les pays de l’Union européenne alors que les laboratoires pharmaceutiques semblent farouchement s’opposer à une telle initiative.

« L’Organisation mondiale du commerce a été mandatée pour regarder ces histoires de brevets et de droits de propriété et permettre qu’au moins temporairement, des autorisations soient données pour que les vaccins puissent être produits sur le continent africain », a déclaré le ministre ivoirien, ajoutant que son pays est disposé à devenir un hub de fabrication des vaccins anti-coronavirus.

A terme, cette stratégie vise à permettre de faire passer le taux de vaccination en Afrique, d’environ 5% actuellement à 40%, d’ici les six prochains mois.

Une relance économique dans un contexte particulièrement difficile

Au-delà des vaccins, Adama Coulibaly est revenu sur les difficultés rencontrées par les pays africains pour relancer leurs économies affectées par la pandémie de coronavirus.

Selon lui, l’initiative visant à permettre aux pays du continent de bénéficier de 100 milliards $ sous forme de droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI est un « grand pas » même si elle ne permettra pas à elle seule de relever tous les défis qui attendent les pays africains.

« Sur la base du quota des pays africains, l’Afrique va disposer de 33 milliards sur les 650 milliards de dollars qui sont prévus […] Mais il faut savoir que l’Afrique subsaharienne ne va avoir sur ce montant que 24 milliards de dollars.

Et quand on prend l’espace UEMOA, il y a huit (8) pays, qui vont disposer seulement de 2,2 milliards sur lesquels la Côte d’Ivoire va avoir 900 millions de dollars » souligne le ministre qui juge ces fonds insuffisants, comme de nombreux experts et observateurs.

« Il faut savoir qu’au niveau de l’Afrique, il y a la lutte contre la pandémie, bien sûr. Il y a beaucoup de pays qui sont confrontés à la lutte contre le terrorisme. Il y a le dérèglement climatique et puis il y a les efforts de relance économique qui doivent se remettre en place. Tout cela nécessite des ressources importantes », ajoute-t-il.

Cette déclaration survient quelques semaines après celle du président Alassane Ouattara, lors d’un événement commémorant les 60 ans du département Afrique du FMI.

Le dirigeant avait alors appelé le Fonds à être plus flexible envers les économies africaines, pour leur permettre de relever leurs défis. Notons que malgré ces défis multiples, certains pays africains se sont montrés particulièrement résilients durant la crise qui a secoué le monde en 2020.

C’est le cas de la Côte d’Ivoire qui a atteint une croissance de 1,8% l’année dernière, dans un environnement marqué par une récession économique historique pour l’Afrique subsaharienne. Pour 2021, Adama Coulibaly prévoit un rebond de l’économie à 6,1%.

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