huile de palme
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Agence Ecofin
14 février 2022 Dernière mise à jour le Lundi 14 Février 2022 à 10:43

En 2021, l’huile de palme a été l’une des principales matières premières agricoles qui ont vu leur cours s’envoler. La matière première a gagné plus de 30 % sur l’année avec les craintes relatives à l’approvisionnement mondial depuis la Malaisie. Alors que le marché reste sous tension, les restrictions annoncées en janvier dernier du côté de l’Indonésie ont encore renforcé les incertitudes sur le commerce mondial. Ces différents développements ne manqueront pas d’affecter l’Afrique qui est l’un des principaux consommateurs de la denrée.

Un niveau record 

5 639 ringgits (1 347 $). C’est le prix mondial de référence atteint par la tonne d’huile de palme brute sur le Bursa Malaysia Derivatives Exchange, le lundi 31 janvier dernier. Ce tarif record est en hausse de près de 1 000 ringgits par rapport au cours de clôture vers la fin décembre. Il est avant tout le résultat des différentes annonces de l’Indonésie, numéro un mondial aussi bien sur le plan de l’offre que de la consommation.

Dans le pays d’Asie du Sud-Est, le gouvernement a indiqué le jeudi 27 janvier dernier que les exportateurs devraient livrer 20 % de leurs cargaisons sur le marché domestique pour lutter contre la flambée des prix de l’huile de cuisine.

Plus tôt, le 18 janvier, celui-ci indiquait que pour les 6 prochains mois, les exportateurs seront tenus d’engager des procédures pour demander un permis avant d’expédier la matière première.  

Ces nouvelles dispositions devraient contribuer à ralentir le rythme des exportations du pays sur le marché mondial et peser sur les cours de l’huile de palme qui a déjà perdu en attractivité auprès des gros acheteurs.    

D’après Reuters qui cite plusieurs négociants, la tonne d’huile de palme brute pour livraison en février vers l’Inde (premier importateur) s’échangeait vers la fin janvier autour de 1 500 $. Ce niveau faisait de l’oléagineux, l’une des huiles végétales les plus chères du monde devant l’huile de soja (1 490 $) et l’huile de tournesol (1 460 $).    

Des défis sur le plan des importations   

En Afrique, la hausse des prix de l’huile de palme signifie d’abord un accès plus coûteux à la denrée sur le marché mondial. Cela représente une contrainte majeure quand on sait que le continent africain est un importateur net qui a surtout compté sur le prix plus faible de la denrée pour répondre à sa consommation galopante en huiles et graisses alimentaires.

D’après la FAO, les achats d’huile de palme de l’Afrique ont notamment doublé sur la dernière décennie. Par ailleurs, l’organisme onusien indique que la valeur de ses importations a atteint en moyenne 3,7 milliards $ sur la période 2015-2017, soit environ 46 % des dépenses totales consacrées aux huiles et graisses.

Si dans sa globalité, le continent devrait connaître au moins à court terme une appréciation de sa facture, tous les pays n’y sont pas logés à la même enseigne. En effet, les nations les plus exposées seront celles qui dépendent pour l’essentiel du marché mondial pour leur approvisionnement. Dans cette catégorie, l’Egypte, l’Afrique du Sud et le Kenya sont parmi les pays les plus concernés.

En Egypte, par exemple, la totalité de la consommation d’huile de palme tournant autour de 1,2 million de tonnes par an est importée en raison de l’absence de production intérieure. Selon le Département américain de l’agriculture (USDA), 90 % de ce stock provient d’Indonésie.

Du côté de l’Afrique du Sud, la situation reste similaire même si l’ampleur des défis est moindre. Si au niveau de la nation arc-en-ciel, l’huile de palme n’est pas non plus produite localement, elle est toutefois moins prépondérante. Elle représente le tiers de la consommation totale d’huile végétale estimée à 1,4 million de tonnes contre par exemple 47 % en Egypte. Les importations dans le pays avoisinent les 460 000 tonnes par an avec un approvisionnement assuré également pour l’essentiel par l’Indonésie.

Pour sa part, le Kenya produit de l’huile de palme, mais en quantité encore insuffisante, ce qui accentue sa dépendance vis-à-vis du marché mondial. La première économie d’Afrique de l’Est devrait émerger en 2021/2022, comme le 8ème importateur d’huile de palme au monde avec 1,18 million de tonnes supplantant ainsi la Russie. Dans la nation, l’huile de palme est le second produit agricole le plus importé derrière le blé avec 98 % des stocks provenant d’Indonésie et de Malaisie.    

Des marges de manœuvre minces à court terme

Globalement face à cette tendance à la hausse des cours de l’huile de palme, les pays importateurs disposent de marges de manœuvre relativement réduites. D’après certains observateurs, une des solutions serait de diversifier les achats vers d’autres oléagineuses. Cela pourrait permettre de se prémunir contre une flambée des prix de l’huile de palme en attendant que la fièvre redescende.  

Une autre possibilité est l’orientation vers les achats sur le continent qui pourraient être moins coûteux. D’après la FAO, 50 % des exportations d’huiles végétales de l’Afrique sont déjà absorbées par les marchés africains. Dans un tel contexte, un renforcement des approvisionnements de proximité à l’intérieur ou entre les communautés économiques régionales pourrait être une piste plausible sous réserve d’une levée des barrières tarifaires et non tarifaires au commerce. 

En Afrique, les principaux producteurs d’huile de la palme sont par ordre d’importance le Nigéria, la Côte d’Ivoire et le Ghana.

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