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Agence Ecofin
4 janvier 2026 Dernière mise à jour le Dimanche 4 Janvier 2026 à 04:15

La production burkinabè d’or a baissé durant 3 années consécutives. Si on sait dans quelles proportions le volume extrait des mines industrielles a reculé, la production artisanale a toujours été mal évaluée. Les estimations pour cette dernière se situent à entre 9,5 et 30 tonnes d’or par an, selon l’ONG SWISSAID.

Au Burkina Faso, la production d’or a augmenté de 58 % en glissement annuel pour atteindre 70,43 tonnes à fin septembre 2025, contre environ 61 tonnes pour toute l’année 2024. Selon les détails rapportés cette semaine par la presse locale, citant le ministre des Mines Yacouba Zabré Gouba, cette hausse tient surtout aux chiffres du secteur artisanal, où la production collectée a atteint 29,56 tonnes sur les neuf premiers mois de 2025, contre 5,57 t pour la période correspondante en 2024.

Loin d’être une surprise, la percée du secteur artisanal s’est faite progressivement ces dernières années, grâce à la mise en place de  la Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP). Chargée d’acheter la production artisanale et semi-mécanisée d’or, cette structure a installé des comptoirs d’achat à travers le pays, afin de mieux contrôler des flux échappant encore largement aux autorités. Ouagadougou a aussi contribué à la formalisation de coopératives d’artisans miniers, les intégrant ainsi dans les circuits officiels de commercialisation du métal. 

La formalisation du secteur artisanal permet surtout de compenser le ralentissement de la production industrielle, qui est restée stable à 40,87 tonnes fin septembre 2025, contre 39,24 tonnes l’année dernière. Entre fermeture de certaines mines à cause de l’insécurité et cession d’actifs de grandes compagnies minières en pleine réorganisation stratégique (Fortuna Mining, Endeavour Mining), le Burkina Faso a enregistré trois années consécutives de baisse de sa production d’or. Au-delà des actions de la SONASP, le gouvernement a donc repris le contrôle de certaines mines et trouvé des investisseurs pour de nouveaux projets. 

Mineurs industriels en difficulté ? 

Si ces mesures portent progressivement leurs fruits, dans un contexte de hausse de 65 % du prix de l’or, la contribution des mines industrielles encore détenues par des compagnies minières étrangères reste dominante. Le canadien Orezone a ainsi bouclé mi-décembre 2025 un investissement de 80 millions USD lui permettant d’augmenter de 45 % sa production à la mine d’or Bomboré. Le nationalisme des ressources prôné par le capitaine Ibrahim Traoré, devenu président du Burkina Faso à la faveur d’un coup d’État en 2022, fait néanmoins peser un risque sur la poursuite des activités de ces compagnies. 

Le gouvernement burkinabé a ainsi transmis cette année une demande visant à détenir jusqu’à 50 % dans la mine d’or Kiaka, une des plus grandes mines du pays avec une production moyenne annuelle attendue à plus de 7 tonnes pendant 20 ans. Son propriétaire australien West African Resources a indiqué étudier plusieurs options pour éviter cette montée de l’État au capital de la mine (le Burkina Faso en détient actuellement 15 %), mais l’issue reste incertaine. D’autres projets aurifères ne sont pas à l’abri de telles demandes, prévues par le nouveau code minier adopté en 2024 et qui permet à Ouagadougou d’acquérir à titre onéreux des participations significatives dans les mines. 

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