Les financements des start-up africaines sont repartis à la hausse en 2025. Cette reprise s’accompagne d’un changement majeur : le Nigeria n’est plus 1er premier marché du continent. Le Kenya s’impose comme la principale destination du capital-risque en Afrique, suivi par l’Afrique du Sud et l’Égypte.
En 2025, les start-up africaines ont levé environ 3,1 milliards USD, selon des données compilées par la plateforme Launch Base Africa et publiées le lundi 5 janvier 2026. Ce montant marque une nette progression par rapport aux 2,2 milliards USD enregistrés en 2024, et un regain d’intérêt des investisseurs pour les projets tech africains, après une période de ralentissement liée notamment à la hausse des taux d’intérêt mondiaux et à la prudence des fonds internationaux. Les financements restent quant à eux concentrés sur un nombre limité de pays, avec des changements dans la répartition géographique.
Le Nigeria n’occupe ainsi plus la première place en matière de capital-risque en Afrique. Le pays se classe désormais 4e au niveau continental, avec 410,1 millions USD levés en 2025. Le Kenya devient la première destination d’investissement du continent, ses start-up ayant levé 933,6 millions USD en 2025. Une performance qui s’explique en grande partie par des opérations dans les secteurs de l’énergie et de la mobilité électrique. Par ailleurs, le Kenya a concentré à lui seul près d’un tiers des montants levés en Afrique, marquant un changement notable dans la dynamique habituelle du financement des start-up africaines, longtemps dominée par l’écosystème nigérian.
L’Afrique du Sud occupe la 2e place avec 625,7 millions USD levés en 2025. Le pays continue de bénéficier d’un environnement financier structuré, d’investisseurs locaux actifs, et d’un accès plus large aux marchés internationaux. L’Égypte se classe quant à elle 3e avec 430 millions USD levés. Le pays maintient une forte présence dans les domaines de la fintech, de la logistique et des services numériques. Avec 154,2 millions USD levés en 2025, le Sénégal et sa 5e place traduisent une diversification progressive des pôles d’innovation sur le continent.
Le recul du Nigeria s’explique principalement par des facteurs macroéconomiques. La dévaluation continue du naira a réduit la capacité des start-up à générer des revenus en dollars, exigés par les fonds de capital-risque internationaux. Par ailleurs, l’inflation élevée dans le pays a pesé sur le pouvoir d’achat des ménages. Cette situation a affecté en priorité les start-up orientées vers les consommateurs, notamment dans la fintech et le commerce en ligne où les volumes de transactions et les marges sont sensibles aux revenus disponibles.
Des priorités redéfinies
L’année 2025 a aussi marqué plusieurs évolutions structurelles pour l’écosystème africain. Pour la première fois, des levées de fonds en capital-risque ont été enregistrées en Angola et au Gabon. Ces opérations restent limitées en volume, mais elles traduisent une extension progressive du capital-risque vers de nouveaux marchés.
Malgré le montant global de 3,1 milliards USD, aucune nouvelle start-up africaine n’a atteint officiellement une valorisation de 1 milliard USD en 2025. Cette situation contraste avec 2024, marquée par l’entrée de Moniepoint et de Tyme Group dans le cercle des entreprises valorisées à ce niveau. Les investisseurs privilégient désormais la viabilité économique et la génération de flux financiers, plutôt que la croissance rapide.
Le financement par emprunt prend une place croissante. En 2025, la dette représente près de 45 % des montants levés, notamment dans les secteurs de l’énergie et de la logistique, où les projets reposent sur des actifs physiques et des revenus prévisibles. Les fonds africains et les investisseurs institutionnels locaux jouent aussi un rôle plus visible. Ils représentent près d’un tiers des transactions recensées en 2025, et leur présence contribue à stabiliser les financements, en particulier dans un contexte où certains investisseurs internationaux restent prudents.
Pour 2026, le signal envoyé par le marché est celui du retour des capitaux, mais orientés vers des projets liés aux infrastructures énergétiques, à la transition environnementale et aux services essentiels. Les risques macroéconomiques, en particulier au Nigeria, restent un point d’attention central dans les décisions d’investissement.




















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