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Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 19 Janvier 2026 à 09:51

Au pouvoir depuis 1986, Yoweri Museveni repart pour un nouveau mandat à la tête de l'État. Son principal rival à l'élection présidentielle a dénoncé des fraudes et des violences, dans un contexte de coupure d’internet et de défaillance des machines de vote.

Le président ougandais Yoweri Museveni a été réélu pour un septième mandat, prolongeant sa présence à la tête de l’État à plus de quarante ans. Selon la commission électorale, il a remporté 71,65 % des voix, contre 24,72 % pour son principal adversaire, Bobi Wine, 43 ans, un ancien chanteur devenu homme politique. Aucun des six autres candidats n’a dépassé 2 % des suffrages, et le taux de participation officiel affiché est de 52,5 %. 

Le scrutin a été marqué par une coupure d’internet nationale depuis le mardi. La raison officielle évoquée est la prévention de la désinformation et les violences, mais cette mesure a été dénoncée par l’ONU ainsi que par plusieurs observateurs. Par ailleurs, la période de campagne a été émaillée d’incidents, avec des rassemblements de l’opposition perturbés, de nombreux partisans de Bobi Wine arrêtés, et ce dernier affirmant avoir lui-même échappé à une intervention policière à son domicile.

Dans un message sur les réseaux sociaux, l’opposant a affirmé qu’il était recherché par les forces de sécurité, tandis que sa femme et d’autres membres de sa famille restaient sous surveillance. La police n’a pas confirmé ces allégations, mais son porte-parole, Kituuma Rusoke, a précisé que les déplacements de Bobi Wine étaient restreints parce que son domicile se trouvait dans une zone jugée « d’intérêt sécuritaire ».

Le scrutin a également rencontré des difficultés techniques, car les machines biométriques de vote ont failli dans plusieurs centres, conduisant à l’usage de registres en papier. Bobi Wine a également dénoncé un « bourrage massif d’urnes et l’abduction de ses agents de vote ». D’après lui, les violences engendrées par le processus ont fait 21 morts. Les autorités, elles, en évoquent 7. Par ailleurs, il appelle à des manifestations pacifiques et à la restauration de l’internet.

Pour rappel, l’Ouganda n’a jamais connu de transfert pacifique du pouvoir depuis son indépendance en 1962.

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