Alors que le financement reste un frein majeur à la croissance des PME dirigées par des femmes en Afrique, une initiative ambitieuse élargit son action pour débloquer des opportunités économiques et transformer ce potentiel trop souvent sous‑exploité.
La fondation philanthropique ASR Africa (Abdul Samad Rabiu Africa) et la Société financière internationale (IFC), la branche privée du Groupe de la Banque mondiale, ont annoncé le jeudi 5 février l’expansion du programme She Wins Africa. Lancé en 2023 pour accompagner une centaine d’entreprises dirigées par des femmes, il vise désormais à soutenir 1000 PME féminines en Afrique subsaharienne, avec un soutien technique, du mentorat et des services de conseil adaptés à leurs besoins.
Le programme ne se contente pas de proposer des financements. Il inclut un ensemble de dispositifs visant à améliorer la préparation à l’investissement, renforcer les compétences en gestion et faciliter la mise en relation avec des investisseurs régionaux et internationaux. Pour les initiateurs, les résultats de la première cohorte montrent que ce type de soutien peut mobiliser plusieurs millions de dollars et créer de nouvelles passerelles vers le capital, ouvrant la voie à une croissance inclusive. La phase pilote a déjà permis de mobiliser plus de 4 millions de dollars et de renforcer l’accès aux financements pour de nombreuses participantes.
Ces efforts s’inscrivent dans un contexte où les obstacles persistent. Une étude de la Banque africaine de développement (août 2025) révèle que près d’une Africaine sur quatre est entrepreneure, mais que 87 % des associations de femmes manquent de capacités en gestion financière, freinant leur contribution au développement économique. Dans de nombreux pays, les entrepreneures identifient encore le manque de financement, de formation et de réseaux comme des contraintes majeures à leur expansion, malgré une forte appétence pour l’entrepreneuriat et une capacité reconnue à réinvestir dans leurs communautés.
Le lancement de l’extension de She Wins Africa intervient à un moment crucial. Bien que l’écosystème entrepreneurial africain affiche des avancées depuis plusieurs années, l’accès au financement demeure profondément inégal. Selon l’Africa Investment Report 2025 de Briter, une plateforme d’intelligence économique et de recherche spécialisée dans les marchés émergents, moins de 10 % des fonds de capital-risque ont été alloués à des start-up comptant au moins une femme parmi leurs fondateurs.




















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