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#Croissance #Economie #Fmi #Zimbabwe
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mardi 24 Février 2026 à 05:22

Le pays, dont l’économie a été mise à mal par un effondrement du secteur agricole consécutif à la réforme agraire menée par l’ex-président Robert Mugabe, ainsi que des décennies d’hyperinflation et de rupture avec les bailleurs de fonds internationaux, cherche à consolider sa stabilisation économique grâce au soutien technique du FMI.

L’économie du Zimbabwe devrait enregistrer une croissance de 8,5 % au moins en 2026, soit son rythme le plus rapide depuis 14 ans, notamment grâce aux retombées positives des réformes prévues par le programme de référence (Staff-Monitored Program – SMP) récemment conclu avec le Fonds monétaire international. C’est l’annonce faite par George Guvamatanga, le secrétaire permanent du ministère des Finances, du Développement économique et de la Promotion des investissements, le 10 février lors de la conférence minière Mining Indaba qui s’est tenue à Cape Town en Afrique du Sud.

« L’économie pourrait connaître une croissance de 8,5 % au moins en 2026 et les taux pourraient atteindre 9 % à 10 %, dépassant de loin nos prévisions antérieures de 6,6 % », a déclaré le haut responsable gouvernemental, précisant que « cette accélération devrait être tirée par les réformes ancrées dans le programme de référence du FMI, parallèlement à une reprise continue dans les secteurs de l’agriculture et des mines ».

Si elle se concrétise, cette nouvelle prévision de croissance constituerait le niveau le plus élevé pour le Zimbabwe depuis 2012, et presque le double du rythme de 5 % prévu par le FMI pour cette année. L’institution de Bretton Woods avait annoncé le vendredi 6 février, avoir conclu un accord avec le pays d’Afrique australe sur un programme de référence, impliquant la mise en œuvre de réformes économiques sous la supervision de ses services, pour consolider les récents progrès en matière de stabilisation de l’économie.

Bien qu’il n’implique pas de décaissement financier immédiat, ce programme, qui représente un accord informel entre un pays membre et les services du FMI, pourrait s’il est bien exécuté, ouvrir la voie à un accord de financement ou à une utilisation répétée de l’aide d’urgence de l’institution financière multilatérale.

Des progrès en matière de gestion macroéconomique

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Le programme de référence vise à consolider les progrès récents dans la stabilisation de l’économie zimbabwéenne, à renforcer davantage les cadres des politiques budgétaire et monétaire, à améliorer le fonctionnement du marché des changes et à faire progresser les réformes de la gouvernance, afin de soutenir une croissance plus forte et plus inclusive. 

Pour rappel, le Zimbabwe est entré dans une crise économique depuis la réforme agraire menée à la fin des années 90 par le régime de l’ancien président Robert Mugabe, qui a exproprié les grands propriétaires blancs, au profit des Noirs. Cette situation a entraîné l’effondrement de la production agricole et des exportations, ainsi que la fuite des investisseurs étrangers et l’accumulation d’environ 13 milliards USD d’arriérés envers la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque européenne d’investissement et les pays du Club de Paris.

Face à cet effondrement économique, les autorités ont été contraintes de faire tourner la planche à billets à plein régime, ce qui a abouti à un long épisode d’hyperinflation et à l’abandon en 2009 de la monnaie nationale, le dollar zimbabwéen, au profit du dollar américain. Toujours privé du soutien des bailleurs de fonds internationaux, le pays a eu beaucoup de mal à obtenir de nouvelles lignes de crédit et à attirer les investissements étrangers nécessaires à la relance de son économie.

Le FMI avait conditionné en février 2025 son soutien financier à « une restructuration complète de la dette extérieure, y compris l’apurement des arriérés et un plan de réformes compatible ». Le ministère des Finances a fait état, fin janvier 2026, de progrès en matière de gestion macroéconomique, dont la baisse de l’inflation sous la barre des 10 % pour la première fois depuis 1997, et la hausse des réserves de change soutenant la nouvelle monnaie adossée à l’or, Zimbabwe Gold (ZiG), à plus de 1,2 milliard USD. Il a attribué ces indicateurs positifs « à une discipline budgétaire stricte et à une politique monétaire coordonnée avec la Banque centrale ».

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