En plus du tourisme de croisière, l'Afrique du Sud cherche à transformer son littoral en eldorado pour les superyachts. Le renforcement de ce segment de luxe vise à accélérer l'atteinte des objectifs globaux pour le secteur d’ici les 5 prochaines années.
Durban se positionne sur le marché international des superyachts, dans le cadre d’une stratégie visant à dynamiser l’économie et le tourisme local. La municipalité d’eThekwini qui intègre la ville sud-africaine, prévoit d’y développer un pôle dédié aux très grands yachts de luxe au sein du port local, avec un investissement privé estimé à plus de 1,9 milliard de rands (112,3 millions USD). L’initiative a été confirmée à la Yachting Aftersale and Refit Experience (YARE) tenue du 11 au 13 mars à Viareggio (Italie), où l’entreprise nautique italienne Navigo a été chargée de mobiliser les fonds et de superviser le développement technique des installations.
Le projet consistera concrètement en l’aménagement d’un site de 24 hectares, déjà réservé dans le cadre du programme naval de la Transnet National Ports Authority, pour accueillir, entretenir et réparer des superyachts. Selon les autorités locales, ce type d’infrastructure est essentiel pour attirer un trafic international capable de générer des retombées économiques pour la ville. Ceci s’inscrit aussi dans une politique plus large visant à soutenir l’industrie touristique nationale.
La nation arc-en-ciel, qui a enregistré 10,48 millions de touristes internationaux en 2025 (+17,6 % par rapport à 2024), ambitionne de doubler ce chiffre pour atteindre 21 millions d’ici 2030. Pour y parvenir, les autorités misent notamment sur le développement du transport aérien, avec l’extension des aéroports de Johannesburg et de Cape Town, ainsi que la construction d’un nouveau complexe aéroportuaire à Cape Town.
Selon le World Travel and Tourism Council (WTTC), le secteur touristique sud-africain devrait croître de 7,6 % par an en moyenne jusqu’en 2032, et représenter 7,4 % du PIB. Les superyachts, avec leur clientèle à fort pouvoir d’achat, pourraient ainsi devenir un vecteur supplémentaire de croissance pour le tourisme de luxe et les services associés, renforçant la compétitivité de l’Afrique du Sud sur le marché international.
Cependant, le projet pourrait se heurter à certains obstacles. En plus des investissements importants requis, la mise en place d’infrastructures adaptées aux superyachts nécessite une expertise technique spécifique. La concurrence d’autres ports africains déjà établis sur ce segment, comme en Egypte et au Maroc, pourrait ralentir l’attraction de clients internationaux.
Par ailleurs, la réussite du plan dépendra de la coordination entre autorités portuaires, investisseurs privés et acteurs touristiques, ainsi que de la capacité à maintenir des normes de service élevées pour séduire une clientèle exigeante.




















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