Au Zimbabwe, l’industrie sucrière est l’une des plus développées d’Afrique australe. Au-delà de la seule production de sucre, Harare nourrit de grandes ambitions pour la filière émergente des biocarburants afin de créer davantage de valeur dans le secteur.
Le Zimbabwe prévoit de porter sa production locale de bioéthanol à 600 millions de litres par an d’ici 2035, soit près de quatre fois plus que l’offre actuelle évaluée à 155 millions de litres. Cette ambition relayée le 3 juin par plusieurs médias locaux, a été révélée par Anxious Masuka, ministre de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Eau et du Développement rural.
Cette hausse prévue de la production s’inscrit dans une stratégie de transformation de l’industrie sucrière nationale. D’après Anxious Masuka, le gouvernement encourage l’augmentation de la production de canne à sucre pour soutenir la fabrication d’éthanol.
La nouvelle Stratégie de développement de l’industrie de la canne à sucre pour la période 2026-2035, adoptée en octobre 2025 par le ministère de l’Industrie, prévoit par exemple de porter la superficie de canne à sucre consacrée à la production d’éthanol à 24 000 hectares contre 14 000 hectares actuellement.
En soutien à la chaîne de valeur sucrière, Harare prévoit aussi la mise en place d’incitations fiscales telles que des exonérations de droits de douane sur les équipements importés, des rabais pour les fabricants sur les matières premières importées destinées à l’expansion et à la création de nouvelles sucreries et usines d’éthanol. « Cela renforcera encore l’attractivité du secteur, en le positionnant comme une destination privilégiée pour les capitaux des investisseurs », peut-on lire dans le document de présentation de la phase 2 de la Stratégie nationale de développement du pays (NDS 2).
Actuellement, la canne à sucre est la principale matière première utilisée pour la production de bioéthanol au Zimbabwe, cultivée principalement dans le Lowveld, dans les provinces de Masvingo et de Manicaland. Alors que la production de canne à sucre est évaluée à 3,5 millions de tonnes en moyenne par an dans le pays, le département américain de l’Agriculture (USDA) indique qu’environ 2 % de ce volume est actuellement alloué à la production de bioéthanol.
Un environnement favorable à l’accroissement de la production
Au-delà des ambitions de croissance affichées par les autorités, le Zimbabwe s’appuie sur un cadre réglementaire déjà structuré et favorable, qui garantit un débouché stable au bioéthanol sur le marché national.
Dans le pays, la Politique énergétique nationale (NEP), promulguée en 2012, a permis au gouvernement d’introduire l’obligation de mélanger les carburants destinés aux véhicules avec du bioéthanol. Si le taux d’incorporation était initialement fixé à 10 %, il est actuellement porté à 20 %, même si ce niveau peut varier en fonction de l’offre locale disponible.
De fait, l’alternative des biocarburants permet non seulement de réduire les dépenses consacrées aux importations de carburants, mais aussi de générer davantage de valeur ajoutée au sein de l’industrie sucrière.
Le contexte actuel, marqué par la volatilité des prix du pétrole sur le marché international et les perturbations des chaînes d’approvisionnement liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, crée un environnement favorable à l’accélération des investissements dans cette filière émergente au Zimbabwe.























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