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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Dimanche 17 Mai 2026 à 12:11

Le pays des Négus pourrait franchir un seuil inédit en matière de recettes d’exportation cette année. Un objectif soutenu par l’essor du secteur manufacturier et une stratégie assumée de substitution aux importations.

L’Éthiopie est en passe d’atteindre 10 milliards $ de recettes d’exportation sur l’année budgétaire 2025-2026. Cette annonce a été faite à Addis-Abeba, lors de l’ouverture de la 4e exposition « Made in Ethiopia », tenue le 3 mai, selon l’ENA (Ethiopian News Agency).

Selon les autorités, cette prévision repose sur le dynamisme du secteur industriel, notamment l’industrie manufacturière, qui a enregistré une croissance de 10,7 % au cours de l’exercice en cours. Dans le domaine de la défense, par exemple, le pays affirme avoir dépassé le stade de l’autosuffisance et entamé l’exportation de produits militaires vers plusieurs pays africains.

Une stratégie industrielle tournée vers la souveraineté

À terme, Addis-Abeba ambitionne de produire ses propres machines industrielles, une condition jugée essentielle pour atteindre une souveraineté économique complète. « Le temps où l’on produisait uniquement pour le marché intérieur est révolu », a déclaré le Premier ministre, Abiy Ahmed, appelant les industriels à se tourner vers les marchés africains et à améliorer leur compétitivité, tout en luttant contre la contrebande et la corruption.

Dans cette optique, 96 produits ont été identifiés pour être fabriqués localement afin de réduire les importations, avec des projets d’expansion notamment dans l’industrie céramique. Cette stratégie s’accompagne d’un effort notable de relance industrielle.

Au total, 993 unités de production auparavant à l’arrêt ont repris leurs activités, contribuant à la création d’emplois et à l’élargissement de la base exportatrice. Parallèlement, le pays affirme avoir attiré 3680 nouveaux investisseurs dans le secteur manufacturier depuis le lancement de cette politique volontariste.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où l’Éthiopie a engagé, depuis juillet 2024, un programme de réformes visant à corriger ses déséquilibres macroéconomiques, avec des effets déjà visibles sur le taux de change, les recettes publiques, les exportations et l’inflation. Ainsi, le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un financement d’un milliard de dollars au titre d’une deuxième opération d’appui aux politiques de développement, visant à accompagner la transition vers une croissance plus inclusive et davantage portée par le secteur privé..

S’inscrivant dans sa stratégie « Made in Ethiopia », Addis-Abeba s’emploie à consolider son appareil productif local afin de dynamiser les exportations et de limiter sa dépendance aux importations. Au cours des quatre dernières années, le pays a ainsi généré pour 14,5 milliards de dollars de biens de substitution aux importations, avec l’ambition de doubler ce volume à moyen terme.

Pour l’année 2026, la croissance économique du pays est projetée à 9,2 %, selon le FMI. 

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