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#Economie #Emploi #Formation #Nigeria
Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Dimanche 19 Juillet 2026 à 07:12

Face au déficit de compétences qui freine le développement industriel du Nigeria, les autorités et leurs partenaires renforcent les initiatives destinées à améliorer l’employabilité des jeunes et faciliter leur insertion professionnelle.

La société industrielle Zeberced Group a dévoilé un projet de formation aux compétences techniques et professionnelles en faveur des jeunes au Nigeria. D’après des informations relayées par la presse locale le vendredi 3 juillet, l’initiative cible 2 000 jeunes chaque année avec l’ambition d’atteindre 20 000 bénéficiaires sur le long terme.

Pour tenir cette promesse, le programme couvre plusieurs filières, dont la construction, l’électronique, l’automobile et la métallurgie. Chaque filière prépare à un métier recherché par les industriels locaux, assurent les initiateurs.

Au-delà des diplômes, le groupe promet une retombée directe sur l’emploi. Selon Adil Aydin Kurt, directeur général de Zeberced, l’école générera à elle seule quelque 40 000 emplois directs. Il décrit ce chantier comme l’un des plus vastes programmes d’autonomisation industrielle jamais lancés en Afrique de l’Ouest.

Une telle initiative répond à une vision assumée par la direction. M. Kurt veut attirer vers le Nigeria des personnes qualifiées venues de différentes régions du monde. « L’avenir est en Afrique », affirme-t-il. Selon lui, former des techniciens réduira le chômage et musclera la base manufacturière nigériane.

De la formation à l’emploi industriel

L’ambition dépasse la seule école. Zeberced veut aussi bâtir des centaines d’usines dans la zone industrielle d’Idu pour réduire la dépendance du pays aux importations. De la formation à l’usine, du diplôme jusqu’au poste de travail, le groupe entend couvrir toute la chaîne.

Ce dernier maillon reste le point faible du Nigeria, où la photographie du marché du travail demeure contrastée. Le taux de chômage des 15-24 ans plafonne à près de 5 % en 2024, selon la Banque mondiale. Le taux d’activité atteint pourtant 77,3 % la même année, selon l’Institut national de la statistique. Le taux de sous-emploi atteint quant à lui 10,6 %, toujours selon l’institut.

Une mesure plus large de la sous-utilisation de la main-d’œuvre atteint même 18,5 %, selon l’Organisation internationale du travail (OIT). L’écart se creuse encore entre les femmes (22,9 %) et les hommes (14,1 %). C’est précisément dans ce contexte que Zeberced entend renforcer le secteur manufacturier à travers la création de nouvelles usines. Celui-ci affiche d’ailleurs des signes de reprise : sa croissance est passée de 1,13 % au quatrième trimestre 2025 à 3,29 % au premier trimestre 2026, portée notamment par le raffinage pétrolier et la production de ciment, selon les statistiques officielles.

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