Capture d’écran 2026 07 20 à 15.58.37
#Croissance #Economie #Gaz #Petrole #Senegal
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 20 Juillet 2026 à 15:59

Portée par le démarrage de la production pétrolière et gazière, l’économie sénégalaise a enregistré la plus forte croissance d’Afrique de l’Ouest en 2025, selon le dernier rapport de la BIDC. Le Bénin et le Niger complètent le podium dans une sous-région dont la croissance est restée résiliente malgré un contexte international marqué par de fortes incertitudes.

Le Sénégal a enregistré la plus forte croissance économique d’Afrique de l’Ouest en 2025 avec un taux de 7,9 %, contre 6,1 % en 2024, selon le rapport annuel de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) sur les perspectives de développement de la sous-région.

Cette performance s’explique principalement par la hausse de la production de pétrole et de gaz, ainsi que par l’amélioration de la production agricole, qui ont permis au pays de prendre la tête du classement régional.

Le Bénin arrive en deuxième position avec une croissance de 7,5 %, un niveau identique à celui de 2024. L’activité a été portée par l’agriculture, l’agro-industrie, la construction et les services, avec notamment une montée en puissance de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) et un redressement des activités portuaires.

Le Niger complète le podium avec une croissance de 6,9 %. Bien qu’en recul par rapport aux 10,3 % enregistrés en 2024, cette performance reste soutenue par l’augmentation de la production et des exportations de pétrole brut ainsi que par la résilience du secteur agricole.

À l’autre extrémité du classement figure le Nigeria, dont la croissance s’est établie à 4 %, la plus faible de la sous-région. Le pays a néanmoins bénéficié d’une reprise de la production pétrolière, d’une amélioration des capacités nationales de raffinage et d’un dynamisme des secteurs des services et des activités non pétrolières.

Un ralentissement attendu au Sénégal en 2026

Après son envolée de 2025, l’économie sénégalaise devrait ralentir à 4,1 % en 2026, avant de rebondir à 5,7 % en 2027. Selon la BIDC, ce fléchissement traduit la normalisation de la croissance après l’effet de démarrage des projets pétroliers et gaziers, dans un contexte de politiques macroéconomiques plus restrictives et d’endettement élevé. L’institution estime que le poids de la dette publique continuera de limiter les marges de manœuvre budgétaires du pays.

« Des déficits budgétaires importants pourraient limiter les investissements publics et les dépenses sociales, avec des effets potentiels sur la croissance et le bien-être », a souligné la Banque. Et d’ajouter : « en outre, le pays demeure vulnérable à d’importants déficits du compte courant et à sa dépendance vis-à-vis des financements extérieurs, en raison de la persistance de la demande d’importations, notamment de biens d’équipement, malgré la hausse des exportations d’hydrocarbures ». À cela s’ajoute l’incertitude entourant les recettes attendues des hydrocarbures, qui pourraient être affectées par d’éventuels retards de production ou par la volatilité des cours mondiaux.

Une sous-région portée par le recul de l’inflation

Dans son rapport, la BIDC indique que l’Afrique de l’Ouest a enregistré une croissance de 4,8 % en 2025, contre 4,7 % en 2024. Cette progression est attribuée au ralentissement de l’inflation et à une meilleure gestion macroéconomique.

« Ces facteurs ont eux-mêmes été favorisés par la conjoncture favorable des prix des matières premières, l’augmentation des réserves, la stabilité des monnaies et l’amélioration de l’approvisionnement alimentaire », a ajouté l’institution.

Concernant les blocs au sein de la sous-région, la croissance de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est établie à 4,7 %, tandis que celle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a atteint 6,4 %. En revanche, celle de la zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest plus le Cap-Vert (ZMAO+) est restée stable à 4,3 %, alors que l’Alliance des États du Sahel (AES) a enregistré un ralentissement de sa croissance à 5,5 %, contre 6,4 % un an plus tôt.

La Banque souligne toutefois que les perspectives régionales demeurent exposées aux tensions géopolitiques. La guerre au Moyen-Orient continue d’alimenter la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, tandis que la dégradation de la situation sécuritaire dans le Sahel et son extension vers plusieurs pays côtiers constituent un risque supplémentaire pour l’activité économique.

Pour 2026, la croissance de l’Afrique de l’Ouest devrait légèrement ralentir à 4,7 %, avant de remonter à 4,9 % en 2027. La Guinée devrait devenir l’économie la plus dynamique de la sous-région avec une croissance attendue de 8,7 % en 2026, portée par le développement du projet minier de Simandou, tandis que le Bénin et le Niger devraient conserver des rythmes de croissance supérieurs à 6 %.

Ces projections sont toutefois nettement inférieures à celles du Fonds monétaire international (FMI), qui table sur une croissance moyenne de 5,3 % en 2026 et de 5,4 % en 2027, selon les données de son rapport sur les perspectives économiques publié en avril 2026.

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *