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#Ebola #Economie #OMS #Sante #Afrique
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 10 Août 2026 à 09:37

Cette semaine en Afrique, la lutte contre Ebola reste au cœur de l'actu sanitaire, avec une épidémie qui continue de s'étendre en RDC, une mobilisation renforcée de l'OMS et d'Africa CDC (et des États-Unis), ainsi que de nouvelles restrictions de voyage adoptées par l'Arabie saoudite. Ce panorama revient également sur la progression du choléra en Afrique centrale, l'impact croissant du changement climatique sur les maladies infectieuses, les avancées de pays comme le Togo dans la lutte contre le VIH, et la désignation de l'Institut Pasteur de Tunis comme hub régional d'Africa CDC pour la surveillance environnementale en Afrique du Nord.

Cette semaine en Afrique, la lutte contre Ebola reste au cœur de l’actu sanitaire, avec une épidémie qui continue de s’étendre en RDC, une mobilisation renforcée de l’OMS et d’Africa CDC (et des États-Unis), ainsi que de nouvelles restrictions de voyage adoptées par l’Arabie saoudite. Ce panorama revient également sur la progression du choléra en Afrique centrale, l’impact croissant du changement climatique sur les maladies infectieuses, les avancées de pays comme le Togo dans la lutte contre le VIH, et la désignation de l’Institut Pasteur de Tunis comme hub régional d’Africa CDC pour la surveillance environnementale en Afrique du Nord.

Ebola RDC : 3 973 cas, la mission OMS-Africa CDC fixe le cap communautaire

Au 7 août 2026, la RDC enregistre 3 973 cas confirmés d’Ebola, dont plus de 1 850 décès, répartis dans 51 zones de santé de cinq provinces, selon les données d’Africa CDC et de l’OMS.

Entre le 4 et le 5 août, 99 nouveaux cas et 52 décès ont été enregistrés. Le taux de suivi des contacts s’établit à 75 %, bien en deçà du seuil opérationnel de 95 % jugé nécessaire pour interrompre les chaînes de transmission.

À l’hôpital de traitement de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, le taux d’occupation atteignait 139 %, signe d’une saturation sévère. L’Ituri concentre près de 90 % des cas, avec Bunia, Rwampara et Mongbwalu parmi les zones les plus touchées. L’épidémie demeure la deuxième plus importante de l’histoire mondiale, derrière celle d’Afrique de l’Ouest (2014-2016).

Une mission conjointe conduite les 4 et 5 août par le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus (OMS), le Dr Jean Kaseya (Africa CDC) et le Dr Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, s’est rendue successivement à Kampala, Bunia et Kinshasa.

La délégation a notamment visité le nouveau centre de traitement de Rwangole, d’une capacité de 100 lits, inauguré le 5 août. À l’issue de la mission, les responsables ont estimé que « contenir et stopper cette épidémie dépendra des communautés », appelant à renforcer la détection précoce, à porter le suivi des contacts à 95 % et à assurer le paiement rapide des agents de première ligne.

Les États-Unis débloquent 242 millions de dollars

Dans le contexte de cette épidémie, le Département d’État américain a annoncé, le 5 août 2026, une contribution supplémentaire de 242 millions de dollars destinée à la riposte contre Ebola, à la préparation sanitaire et à l’assistance humanitaire en RDC, en Ouganda et dans les pays voisins.

Cette enveloppe s’ajoute aux 350 millions de dollars déjà mobilisés dans le cadre du financement global de 1,8 milliard de dollars annoncé le 14 mai pour le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies. Washington maintient par ailleurs son niveau d’alerte maximal (« Ne pas voyager ») pour la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Malgré ces financements, le déficit du plan conjoint OMS-Africa CDC reste estimé à 400 millions de dollars.

Le même jour, le président Félix Tshisekedi a réuni à Kinshasa le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus et le Dr Jean Kaseya afin de renforcer la coordination de la riposte.

Arabie saoudite : suspension d’entrée pour les voyageurs de trois pays africains

L’Arabie saoudite a suspendu l’entrée des voyageurs en provenance de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud en raison de l’épidémie d’Ebola. La mesure concerne également les ressortissants saoudiens, temporairement interdits de se rendre dans ces trois pays.

Selon l’Autorité saoudienne de santé publique (Weqaya), ces restrictions, en vigueur depuis juin, s’appliquent aussi aux titulaires de visa. Toute personne ayant séjourné dans l’un de ces pays au cours des 21 jours précédant son arrivée en Arabie saoudite se voit refuser l’entrée, y compris en cas de transit par un pays tiers.

Le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et le Congo-Brazzaville font également l’objet de contrôles sanitaires renforcés à l’entrée.

Cette décision illustre les répercussions géopolitiques et économiques de l’épidémie, alors que l’OMS et Africa CDC continuent de déconseiller les restrictions générales de voyage, estimant qu’elles découragent la notification des épidémies et perturbent les chaînes d’approvisionnement humanitaires.

Choléra et climat : le front sahélien sous pression, l’Afrique australe en alerte

Sur le continent, le choléra progresse sur plusieurs fronts.

Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, l’épidémie déclarée le 29 juin a dépassé 800 cas et 25 décès dans huit districts de santé au 28 juillet, soit un taux de létalité d’environ 3 %, près de trois fois supérieur au seuil de 1 % que l’OMS estime atteignable avec une prise en charge rapide. La situation est particulièrement préoccupante dans le camp de réfugiés de Minawao, qui accueille plus de 81 000 personnes, soit 325 % de sa capacité initiale. 

Au Tchad, 239 cas et 13 décès ont été enregistrés. En République centrafricaine, 720 cas, dont 46 décès, sont recensés depuis le 26 juin.

Ces flambées s’inscrivent dans un contexte continental marqué par plusieurs foyers épidémiques, aggravés par les perturbations climatiques. Lors d’un séminaire organisé le 30 juillet à l’Université du Witwatersrand, la professeure Helen Rees, directrice exécutive du Wits Reproductive Health Institute, a averti que le changement climatique multipliait les conditions favorables aux maladies infectieuses. Elle cite une multiplication par sept des cas de choléra en Afrique australe au premier trimestre 2026 par rapport à l’année précédente, avec 13 pays africains confrontés simultanément à des épidémies.

En Afrique du Sud, les inondations du début de l’année ont également favorisé une recrudescence du paludisme, y compris dans la province non endémique de Gauteng, où 414 cas confirmés et 11 décès ont été enregistrés. Helen Rees souligne également le lien entre déforestation, exploitation minière, déplacements de populations et risque d’émergence de nouvelles maladies, à l’image de l’épidémie d’Ebola en RDC.

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Togo : 70 % de réduction des nouvelles infections au VIH en quinze ans

Le Togo a présenté, le 4 août 2026, un bilan encourageant de sa riposte nationale au VIH lors de la revue annuelle 2025 du Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles (SP/CNLS-IST).

Entre 2010 et 2025, les nouvelles infections ont reculé de 70 %, passant de 7 100 à 2 100 cas par an, tandis que les décès liés au sida ont diminué de 73 %. La prévalence nationale s’établit à 1,6 %.

En 2025, 19,37 milliards de FCFA ont été consacrés à la riposte, dont 86,44 % provenaient des partenaires internationaux, ce qui illustre une forte dépendance aux financements extérieurs dans un contexte mondial de contraction de l’aide.

Sur les 100 000 personnes estimées vivre avec le VIH au Togo, 95 185 sont suivies dans une structure de soins et 95 038 sont sous traitement antirétroviral, soit un taux d’arrimage de 99,85 %.

Au cours de l’année 2025, 650 142 personnes ont été dépistées et 26,318 millions de préservatifs distribués. Le taux de transmission mère-enfant à 18 mois s’établit à 11,3 %, un indicateur que le SP/CNLS-IST entend améliorer parallèlement à l’élimination de la transmission de l’hépatite B et de la syphilis. 

Tunisie : l’Institut Pasteur de Tunis devient hub régional d’Africa CDC pour l’Afrique du Nord

Au nord du continent, Africa CDC a officiellement désigné, le 5 août 2026, l’Institut Pasteur de Tunis comme hub régional de surveillance des eaux usées et de l’environnement (Wastewater and Environmental Surveillance, WES) pour l’Afrique du Nord. 

L’institut aura pour mission de renforcer la surveillance environnementale, les systèmes d’alerte précoce et la sécurité sanitaire régionale, en s’appuyant sur ses capacités en génomique, bioinformatique et santé publique.

Cette désignation s’inscrit dans l’approche « One Health », qui associe santé humaine, santé animale et environnement, et contribue à la mise en place d’un réseau africain de surveillance environnementale, considéré comme un pilier de la préparation continentale aux futures pandémies.

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