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Agence Ecofin
19 octobre 2026 Dernière mise à jour le Lundi 19 Octobre 2026 à 16:59

Depuis 2024, le Togo mène un programme appuyé par le FMI qui fait de l'accroissement des recettes un axe central de sa consolidation budgétaire. Le défi est d'élargir la base fiscale sans freiner l'activité économique.

Au Togo, l’État vise 2109 milliards FCFA de recettes fiscales d’ici 2031. C’est l’un des principaux objectifs de la Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme 2027-2031 (SRMT), appelée à guider les réformes fiscales et douanières dans les prochaines années.

Le document a été présenté au secteur privé mardi 6 octobre à Lomé, lors de la deuxième réunion technique de concertation entre l’État et les entreprises. La stratégie vise à accroître les ressources intérieures, tout en préservant la compétitivité du secteur privé.

Une pression fiscale encore en dessous de la norme communautaire

Au Togo, les autorités publiques relèvent notamment qu’il y a encore une importante marge de progression en matière d’impôts et taxes, avec une pression fiscale inférieure à la norme communautaire de 20 %. Celle-ci était estimée à 13,1 % du PIB en 2025. 

Cette situation explique en partie l’orientation retenue par les autorités. « Il y a un écart important entre la pression fiscale actuelle, la norme communautaire et le potentiel du pays », a expliqué Kpowbié Tchasso Stéphane Akaya, secrétaire général du ministère des Finances et du Budget, lors des échanges.

La SRMT prévoit de faire progresser les recettes fiscales de 1043,7 milliards FCFA en 2026 à 2109 milliards en 2031. L’élargissement de l’assiette, la digitalisation du recouvrement et la rationalisation des dépenses fiscales figurent parmi les principaux leviers.

Cette trajectoire s’inscrit dans une progression déjà engagée. À fin juin 2026, l’OTR avait mobilisé 507,82 milliards FCFA, en hausse de 14,3 % sur un an. Ce montant représentait 46,3 % de l’objectif annuel de 1 338,9 milliards FCFA.

Le numérique comme levier

La réforme devrait s’appuyer sur davantage d’outils numériques ; comme la facture électronique certifiée, introduite par la loi de finances 2026, et qui vise notamment à améliorer la traçabilité des transactions et le contrôle de la TVA. 

L’OTR a aussi engagé la digitalisation de certaines obligations fiscales. En septembre 2026, l’administration a lancé e-TPU, permettant aux contribuables concernés de déclarer et payer la taxe professionnelle unique en ligne.

Pour le secteur privé, l’enjeu porte aussi sur la prévisibilité. Le président du Conseil national du patronat, Laurent Coami Tamegnon, a salué la création de la Commission administrative de recours et de la Commission administrative de règlement des litiges douaniers.

Ces mécanismes doivent renforcer la sécurité juridique des entreprises alors que l’État cherche à élargir la base fiscale.

Le gouvernement assure que la stratégie vise à mieux mobiliser les recettes, et non à surtaxer les contribuables. Sa mise en œuvre sera suivie par un comité dédié, avec des évaluations prévues en 2029 et 2031.

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