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#Exportation #Importations #Industrie #Siderurgie #Ethiopie
Agence Ecofin
19 octobre 2026 Dernière mise à jour le Lundi 19 Octobre 2026 à 14:07

Le site industriel permettra à Addis-Abeba de satisfaire une partie de la demande intérieure et de réduire les achats massifs d’aluminium à l’étranger. Un autre projet porté par le groupe russe Rusal pourrait, à terme, positionner le pays comme un important exportateur de ce métal essentiel aux secteurs du transport, de l’industrie, de l’électricité et de la construction.

Le groupe sidérurgique chinois Xinye Special Steel a annoncé, le 28 septembre, l’inauguration d’une usine d’aluminium en Éthiopie afin de soutenir la chaîne d’approvisionnement industrielle du pays et de réduire sa dépendance aux importations.

L’annonce a été faite par le président du groupe, Xu Wenping, lors d’une réunion tenue entre le président de la Commission éthiopienne des investissements (EIC), Zeleke Temesgen, et des dirigeants de plusieurs entreprises chinoises intéressées par les opportunités d’investissement dans les secteurs manufacturier et technologique en Éthiopie.

« Xinye Special Steel a lancé l’exploitation d’une usine d’aluminium électrolytique d’une capacité de production annuelle de 180 000 tonnes en Éthiopie », a déclaré Xu Wenping. 

Située dans la zone économique spéciale de Gada, à environ 65 kilomètres au sud-est d’Addis-Abeba, l’usine s’appuie sur le procédé industriel de réduction électrolytique de l’aluminium, qui permet de produire de l’aluminium à partir d’alumine issue de la bauxite, afin d’approvisionner le marché local.

Alors que l’Éthiopie ne dispose pas de réserves majeures de bauxite et ne produit pas d’alumine à l’échelle commerciale, le site industriel devrait importer les matières premières nécessaires à la production d’aluminium. Ces importations seront facilitées par la proximité de l’usine avec le port sec de Modjo, le principal nœud logistique éthiopien. Ce port sec est directement relié au corridor routier et ferroviaire Addis-Abeba-Djibouti.

Viser l’exportation à plus long terme

Outre l’usine d’aluminium de Xinye Special Steel, l’Éthiopie avait signé, en novembre 2025, un protocole d’accord avec le groupe Rusal pour la construction d’une usine d’aluminium d’une capacité annuelle de 500 000 tonnes dans le pays. D’après les termes de l’entente, le site industriel sera développé dans un délai de trois à quatre ans, avec une durée de vie estimée pouvant aller jusqu’à 50 ans.

Le projet, dont la première phase nécessite un investissement estimé à 1 milliard de dollars, pourrait, à terme, doter l’Afrique d’une nouvelle grande usine de production de ce métal essentiel aux secteurs du transport, de l’industrie, de l’électricité et de la construction.

Selon des données de l’US Geological Survey, la production mondiale d’aluminium était assurée à 60 % par la Chine en 2023, suivie par d’autres pays comme l’Inde, la Russie et le Canada. En Afrique, qui compte plusieurs pays producteurs de bauxite, les capacités de production restent limitées et sont concentrées dans une poignée de grandes fonderies. Les projets de Hillside (Afrique du Sud) et de Mozal (Mozambique), les deux plus grandes fonderies d’aluminium du continent, affichent des capacités annuelles respectives de 720 000 tonnes et 580 000 tonnes. Mozal a toutefois été placée en maintenance depuis mars 2026 en raison de difficultés liées à son approvisionnement électrique.

Grâce aux projets de Xinye Special Steel et de Rusal, l’Éthiopie pourrait ainsi devenir l’un des principaux producteurs d’aluminium en Afrique. Si l’objectif principal d’Addis-Abeba reste de réduire les sorties de devises étrangères liées aux importations de métaux et de stimuler son tissu industriel national, le pays pourrait devenir, à terme, un fournisseur compétitif d’aluminium pour les marchés régionaux et internationaux. Le pays d’Afrique de l’Est pourrait en effet se positionner comme un important exportateur d’aluminium à très faible empreinte carbone, un produit très recherché en Europe et en Asie dans un contexte marqué par la multiplication des mécanismes de tarification du carbone, en utilisant notamment l’énergie produite par le Grand barrage de la Renaissance (GERD).

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