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#International #Internet #Technologie #AfriqueSubsaharienne
Agence Ecofin
17 juillet 2025 Dernière mise à jour le Jeudi 17 Juillet 2025 à 11:13

Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA), il s’agit d’un quart des 800 millions d’abonnements attendus dans le monde au cours de cette période.

Ces projections figurent dans le rapport « The Mobile Economy 2025 », publié en mars 2025. Cette croissance s’inscrit dans un contexte de faible adoption actuelle. À la fin de l’année 2024, seulement 29 % de la population de la région utilisait l’Internet mobile, un taux inférieur d’au moins 20 points à celui de toutes les autres régions du monde. En parallèle, 13 % de la population n’était toujours pas couverte par un réseau mobile, tandis que 58 % disposaient d’une couverture mais n’utilisaient pas encore le service.

Cette fracture numérique ne s’explique pas uniquement par l’absence de connectivité. Selon la GSMA, d’autres facteurs majeurs entrent en jeu : le manque de sensibilisation à l’Internet mobile, le coût prohibitif des smartphones compatibles, ainsi que des lacunes en compétences numériques et en littératie.

Résoudre ces problèmes pourrait permettre une amélioration significative de l’adoption. Voici, selon la GSMA, les cinq pays d’Afrique subsaharienne qui enregistreront le plus grand nombre de nouveaux abonnements au service entre 2025 et 2030. 

Nigeria : 32 millions 

La GSMA prévoit que 32 millions de nouveaux abonnés à l’Internet mobile s’ajouteront au Nigeria d’ici 2030. Avec 223,8 millions d’habitants en 2023 (Banque mondiale), le pays est non seulement le plus peuplé d’Afrique, mais aussi celui qui compte le plus grand nombre de personnes non connectées : 123 millions, selon la GSMA. Le taux de pénétration de l’Internet mobile y était d’environ 25 % en 2023.

Pour combler ce retard, le Nigeria investit massivement dans ses infrastructures. Un projet de 2 milliards USD vise à déployer 90 000 km de fibre optique à l’échelle nationale. Le gouvernement mise également sur la connectivité satellitaire, via l’opérateur public Nigcomsat et des acteurs privés comme Starlink.

La GSMA recommande de réduire la pression fiscale sur le secteur et de créer un cadre réglementaire plus favorable à la viabilité financière et opérationnelle des fournisseurs. Les opérateurs, quant à eux, sont appelés à intensifier les investissements dans la 4G et la 5G, tout en améliorant la qualité des services.

Éthiopie : 19 millions

Dix-neuf millions de nouveaux abonnés sont attendus d’ici 2030 en Éthiopie. Sur 126,5 millions d’habitants, environ 100 millions n’utilisent pas encore l’Internet mobile, selon la GSMA.

Le gouvernement mène une stratégie ambitieuse visant à moderniser les infrastructures numériques, promouvoir la littératie numérique et encourager une utilisation responsable des technologies. La libéralisation du marché a permis à Safaricom de faire son entrée en octobre 2022, avec un engagement d’investir 8 milliards USD sur 10 ans. L’opérateur historique Ethio Telecom a également prévu 1 milliard USD d’investissements pour l’année financière en cours.

Angola : 18 millions

L’Angola devrait compter 18 millions de nouveaux abonnés à l’Internet mobile d’ici 2030. Le taux de pénétration y était de 44,8 % en 2023, sur une population de 37,9 millions, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT).

Pour accélérer la couverture, le pays mise sur son satellite Angosat-2 pour fournir l’accès à Internet, y compris dans les zones rurales. Il déploie aussi des projets dans le cadre du Programme d’accélération numérique de l’Angola (PADA), financé à hauteur de 300 millions USD par la Banque mondiale.

République démocratique du Congo : 15 millions

D’ici 2030, 15 millions de nouveaux abonnés devraient se connecter à l’Internet mobile en République démocratique du Congo (RDC). En 2023, 40 millions de personnes n’étaient pas encore connectées, soit 39,1 % d’une population de 102,3 millions. 

Face à cette demande, le pays investit dans le déploiement d’infrastructures numériques sur tout le territoire. Il explore des solutions satellitaires et a entamé des discussions avec Monacosat, Thales et Starlink. Des accords ont également été signés avec General Technologies (Inde) et Nokia pour renforcer la connectivité. Par ailleurs, un financement de 515 millions USD, mobilisé auprès de la Banque mondiale et de l’Union européenne, vise à améliorer l’accès et l’inclusion numériques.

Tanzanie : 11 millions

La Tanzanie pourrait enregistrer 11 millions de nouveaux abonnés d’ici 2030. En 2023, elle comptait 67,4 millions d’habitants, dont 40 millions encore non connectés à l’Internet mobile, selon la GSMA. La TCRA estimait à 47,9 millions le nombre d’abonnés à l’Internet mobile à la fin 2024. 

Le gouvernement investit dans les infrastructures numériques pour stimuler l’emploi, la croissance économique et améliorer les conditions de vie. En septembre 2023, il a annoncé le déploiement de 636 nouveaux sites télécoms et prévoit d’attribuer de nouvelles fréquences aux opérateurs. L’objectif affiché est de connecter 80 % de la population d’ici fin 2025.

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