Déjà devant l’Inde, qui comptait 534 millions d’actifs en 2023, l’Afrique voit sa main-d’œuvre croître à un rythme inédit et pourrait franchir le cap du milliard d’ici à 2043, une dynamique qui redessine les équilibres mondiaux du travail.
Le rapport « Work/Jobs – Thematic Futures » de l’Institut d’études de sécurité (ISS) montre qu’en 2023, le continent comptait environ 576 millions de personnes actives, un chiffre appelé à presque doubler d’ici 2043. À ce rythme, la population active africaine dépasserait celle de la Chine vers 2034. Cette expansion rapide, soutenue par une jeunesse nombreuse, place l’Afrique au cœur des futurs marchés de main-d’œuvre.
Ce potentiel démographique attire l’attention des investisseurs et des industries à forte intensité de main-d’œuvre. Alors que les salaires augmentent en Chine et en Inde, de nombreux acteurs économiques considèrent l’Afrique comme une destination émergente et compétitive, portée par des coûts de production modérés et un environnement des affaires qui s’améliore lentement dans plusieurs pays.
Le rapport précise toutefois que la taille de la population active ne suffit pas à garantir un avantage économique. La qualité du capital humain reste un enjeu majeur. En 2023, les adultes africains avaient en moyenne 6,8 années de scolarité, contre 7,6 en Inde et 8,9 en Chine. Les projections pour 2043 portent ce chiffre à 7,8 années pour l’Afrique, 9,2 pour l’Inde et 10,4 pour la Chine.
Selon les auteurs, Jakkie Cilliers et Blessing Chipanda, sans investissements significatifs dans l’éducation et la santé, la productivité pourrait rester inférieure à celle des autres grandes économies, limitant le potentiel compétitif du continent à l’ère de la numérisation et de l’automatisation.




















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