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Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mercredi 4 Mars 2026 à 17:59

Malgré son engagement croissant en Afrique, la Russie obtient les évaluations les moins favorables parmi les grandes puissances. Toutefois, les perceptions varient fortement selon les pays et les sous-régions. 

36% seulement des Africains estiment que l’influence économique et politique de la Russie est positive, tandis qu’environ 23% la jugent plutôt ou très négative, selon un rapport publié le vendredi 27 février 2026 par le réseau panafricain et de recherche par sondage Afrobarometer.

Le rapport se base sur des enquêtes menées en 2024 et 2025 auprès de 50 961 personnes dans 38 pays africains situés dans toutes les sous-régions du continent. Les données sont pondérées afin de garantir la représentativité nationale des échantillons. Tous les pays sont pondérés équitablement (plutôt que proportionnellement à leur population) pour le calcul des statistiques moyennes plurinationales.

La Russie recueille le moins d’évaluations positives parmi les principales puissances mondiales. La Chine obtient la plus grande proportion des évaluations positives, 62% des répondants jugeant son influence économique et politique positive. Viennent ensuite les Etats-Unis (52% des évaluations positives), l’Union européenne (50%) et l’Inde (39%).

Le faible taux des Africains qui jugent positive l’influence économique et politique de la Russie s’explique en partie par le fait que la majorité des répondants ne se prononcent ni positivement ni négativement sur l’influence russe dans leur pays : environ 32% jugent l’influence de Moscou « ni positive, ni négative » et 32% « ne savent pas ou refusent de répondre ». Cela suggère que dans de nombreux pays, les gens en sont encore à un stade relativement précoce dans la formation de leur opinion sur cette puissance qui se réengage de nouveau sur un continent où il jouait un rôle important pendant la guerre froide.

Cependant, les scores faibles de la Russie ne sont pas seulement dus à des opinions non formées : Parmi ceux qui donnent leur avis, le rapport entre les opinions positives et négatives à l’égard de la Russie n’est que de 1,5 pour 1, soit un ratio bien inférieur à ceux de la Chine (3,5), des Etats-Unis d’Amérique (2,6) et d’autres puissances mondiales.

Le rapport souligne également que des écarts très importants existent entre les pays en ce qui concerne la perception de l’influence de la Russie. Au niveau national, 88% des Maliens ont une opinion positive du rôle de cette puissance, loin devant le Cameroun (60%), la Guinée-Bissau (55%), la Côte d’Ivoire (55%).

Non-alignement

En revanche, moins d’un répondant sur six émet une évaluation positive dans quatre pays d’Afrique Australe : la Zambie (15%), le Lesotho (14%), l’Eswatini (14%) et le Botswana (13%). Mais l’Afrique du Sud, puissance politique et économique de la région et membre du groupe des BRICS, se classe au-dessus de la moyenne continentale avec 40% d’avis positifs.

Au niveau des sous-régions du continent, la Russie obtient ses meilleurs scores en Afrique Centrale (50% d’opinions positives) et en Afrique de l’Ouest (43%). Les populations d’Afrique Australe (27%), d’Afrique de l’Est (26%) et d’Afrique du Nord (34%) sont beaucoup plus réservées dans leurs évaluations. Ces écarts entre les pays et les sous-régions témoignent de l’engagement complexe et varié de la Russie sur le continent.

Les écarts entre les groupes démographiques en matière de perception de l’influence de la Russie sont beaucoup moins prononcés que ceux observés entre les pays ou les régions. L’écart démographique le plus notable tient au fait que les jeunes (18-35 ans) ont une opinion nettement plus positive de la Russie (38%) que leurs aînés (30% chez les plus de 55 ans).

Les enquêtes révèlent d’autre part, que l’engagement croissant de la Russie en Afrique ne semble pas porter ses fruits en termes d’influence. Les Africains apprennent davantage sur la Russie, mais ils ne sont pas nécessairement satisfaits de ce qu’ils voient. A travers les 24 pays où l’on peut comparer les résultats des enquêtes menées en 2024 et en 2025 à celles menées entre 2019 et 2021, davantage de personnes affirment désormais avoir une opinion, mais la hausse des évaluations négatives (+6 points de pourcentage) est environ deux fois supérieure à celle des évaluations positives (+3 points).

Mais certains messages russes, particulièrement ceux qui promeuvent la multipolarité et le non-alignement avec l’Occident, trouvent peut-être un écho auprès des populations africaines : Parmi les personnes sondées qui ont entendu parler de la guerre menée par la Russie en Ukraine (70% des répondants), plus de sept sur 10 (72%) estiment que leur pays devrait rester neutre. A travers tous les pays sondés, seulement 22% préfèrent choisir un camp, et ils révèlent une légère préférence pour la Russie (14%) par rapport à l’Ukraine (8%). Le Mali est le seul pays où une majorité affiche son soutien massif à la Russie (72%).

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